Marathon de Vincennes, par Mao et Stéphane

 

Marathon de Vincennes et des bords de Marne, 24 octobre 2010

Récit à deux voix pour marathon à deux paires de jambes et quatre oreilles.

 

Mao – C’est vrai que les marathons se suivent et ne se ressemblent pas. Celui-ci, mon 3ème, j’avais mis la barre assez haut, un gros défi, mais néanmoins à ma portée : 3 heures 30 – précédent record à 3h43…

C’est ainsi qu’en janvier dernier, Stéphane m’annonce le 1er Marathon de Vincennes et dans la foulée, me propose que nous le fassions ensemble. J’accepte immédiatement !

Stéphane – Kooooâââââ ??? Un marathon « des bords de Marne et du bois de Vincennes »… et qui traverse tous mes chemins d’entraînement à moi du bois de Vincennes, et qui passe à côté de la maison… ? Et c’est quand donc que ça tombe, comme date ? Le 24 octobre : très bien, très très bien !!! Mao, tu n’as rien prévu le 24 octobre, j’espère ? Non, bon, alors où est-ce qu’on signe pour s’inscrire ???

Mao – Le jour J, nous nous retrouvons sur la ligne de départ avec environ 2 000 participants. Les conditions climatiques sont favorables, temps frais,  et même le soleil vient nous encourager jusqu’au bout…

Pour cette course, nous avions décidé de tester la méthode « Cyrano », pseudo d’un spécialiste de l’ultra trail.

Stéphane – La méthode Cyrano, en deux mots… Cette méthode part du constat que beaucoup de coureurs, décidés à courir de bout en bout sur les courses auxquelles ils participent (surtout au-delà du marathon), courent, courent, courent tant qu’ils peuvent… avant de finir par marcher, inexorablement, voyant le chrono qu’ils visaient s’éloigner, tout aussi inexorablement. Pour éviter ça, l’idée est de ne pas subir la marche en fin de course, mais de choisir des moments de la course où l’on marchera, ce qui permet de faire baisser le rythme cardiaque, de reprendre son souffle, de relâcher les muscles, et de se ravitailler. Toutes les alternances de course/marche sont possibles, selon la distance, le relief, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas : 9 minutes de course/1 minute de marche, 14/1, 28/2, 13 minutes 27/2 minutes 48 (mais, dans ce dernier cas, les calculs sont un peu plus compliqués…).

Les adeptes de cette méthode se rencontrent plutôt sur des distances au-delà du marathon, où la marche subie (pendant de longues heures, parfois) est monnaie courante, mais puisque la marche subie existe aussi sur marathon, je me dis que cela peut valoir le coup de tenter le coup…

Ni une ni deux, on teste à l’entraînement avec Mao, on est séduits, on y va comme ça, en choisissant une alternance de 19 minutes de course et 1 minute de marche.

Mao – L’organisation accorde une poignée de minutes aux handisports, ce qui nous permet de rester en tête de la course avec toute la route pour nous !!!

Les premiers kilomètres se déroulent plutôt bien, l’allure est respectée. Nous parcourons ainsi les avenues de Vincennes, Fontenay, Nogent…  Yann nous rejoint, il a l’air très décontracté ! On le laisse filer…

Nous atteignons le semi sur les bords de Marne en 1H45, nous sommes pilepoil sur notre plan de course, « une véritable horloge », me dit Stéphane.Tout est bien dans le meilleurs des mondes ! Rien à signaler, il suffit de faire la même chose sur le semi qui nous attend, tout simplement !

Stéphane – Effectivement, « jusqu’ici, tout va bien », comme le disait un film se déroulant dans un département voisin… Vu la régularité du rythme, l’absence de souci chez Mao et chez moi, je suis assez confiant sur la suite de la course, et je crois en nos chances de toucher ou d’approcher de très près l’objectif de 3h30, en comptant sur une quasi-inévitable baisse de régime de fin de course.

Mao – Difficile d’expliquer ce qui s’est passé 4 ou 5 KMS après. Un début de surchauffe, pourtant les jambes sont bonnes ! Je propose de ralentir histoire de sortir de la zone rouge.

Stéphane – Tout d’un coup, après 1h59 de course, sans aucun signe avant-coureur que j’aie pu percevoir, Mao m’annonce qu’il est cuit… Nous décidons d’allonger notre minute de marche, mais je sens Mao n’est vraiment pas très bien (sic) même après ce repos bonus. Nous décidons de baisser légèrement le rythme pour laisser passer ce que nous espérons n’être qu’un coup de pompe, et je motive Mao tant bien que mal en lui disant que l’objectif ou à peine plus reste jouable, en tout cas, mieux que son précédent record sur la distance, et que ce « ça va revenir », ce n’est qu’un coup de moins bien passager…

Mao – Jusqu’au Pont de Joinville, le KM 30, la situation ne s’améliore pas mais se dégrade !

Des douleurs tendineuses apparaissent, je ressens le besoin de m’arrêter plus souvent.

Stéphane – Arrivé au Pont de Joinville, le coup de mou ne passe pas, je me sens de moins en moins crédible… Je commence à craindre une fin de course vraiment dure, car arrive la fin de course que j’appréhendais du fait des nombreux virages et des relances incessantes suivant ces virages…

Mao – Les 10 derniers kilomètres, c’est un calvaire continu, accentué par un tracé sinueux dans le bois,  de quoi attraper le tournis ! Boire et manger n’atténuent pas l’épuisement dans lequel je me trouve. D’autres coureurs que nous doublons sont à l’agonie et ça ne me console plus ! Je compte les kilomètres. « Que c’est long un kilomètre », quand on n’a plus de force !

L’idée d’abandonner  m’a rendu visite, mais grâce au soutien permanent de Stéphane, je repoussais l’échéance. C’est vraiment sympa de courir à deux, c’est de l’encouragement constant…

Stéphane – Je fais ce que je peux pour tenter de maintenir le moral de Mao et l’amener jusqu’au bout, malgré l’objectif qui s’éloigne, la douleur et la fatigue… Le guidage devient vraiment technique sur cette fin de course : j’avais anticipé que les virages seraient compliqués, mais je n’avais pas pensé que nous aurions aussi à slalomer entre les coureurs arrêtés ou qui courent-marchent, car la fin de course fait vraiment du dégât sur la majorité des coureurs sur les mêmes temps que nous. Bon, ma méthode Cyrano sur marathon n’est pas franchement concluante… mais on ne peut pas tirer de conclusions générales à partir d’un seul exemple, non ?

Heureusement, comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous approchons enfin de la ligne d’arrivée… Oublié le chrono, restera, pour moi et aussi pour Mao j’espère, le plaisir d’une nouvelle aventure de course partagée, avant les prochains objectifs. Je te prends où tu veux, quand tu veux à la course, vieux Mao !

Mao – Vous  vous rappelez ? Yann, sympa le gars, il nous a attendus pour passer la ligne d’arrivée tous les 3 : Stéphane, Mao et Yann. Je n’oublie pas les encouragements des amis du NST le long du parcours et ceux des copains à l’arrivée…

Résultat final :  3h45’43. Les autres résultats du club : Yann Gauduchon (3h43’12 – arrivée en même temps que nous car parti 2 minutes 30 après) et Marc Tournier (3h56’48).

Ce contenu a été publié dans Résultats. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

4 réponses à Marathon de Vincennes, par Mao et Stéphane

  1. Philippe dit :

    Bravo à tous les 2 !!
    A la lecture de votre course, on s’y croirait.
    Ce fut dur mais beaucoup aimerait en faire autant.

  2. emmanuelle dit :

    Bravo Mao, Bravo stéphane!!!!! C’est comme si on avait été présents avec votre récit très sympa et précis 😉

  3. Arno dit :

    Bravo les gars pour le récit et félicitations pour les résultats !!!
    A bientôt.

    Arno

  4. marc dit :

    Félicitations pour le résultat et le récit. J’ai été d’autant plus attentif que 15 min derrière j’ai vécu les mêmes senstations au mêmes kilomètres.

Les commentaires sont fermés.