NICE 2013

a href= »http://nogent-triathlon.fr/wp-content/uploads/2013/06/ironman-ironman-nice-3.jpg »>En attendant les récits des participants à cette course mythique, nous sommes heureux d’afficher leurs résultats :

Lefeuvre, Gregory  1:06:28 (565.) 6:09:58 (1.189.) 4:31:53 (1.348.) 12:03:26
Lairaudat, Alain  1:07:16 (606.) 6:49:57 (1.831.) 4:06:24 (843.) 12:17:46
Roehrig, Damien 1:18:11 (1.460.) 6:20:27 (1.393.) 4:26:21 (1.244.) 12:25:19
Jouan, Thierry 1:16:13 (1.310.) 6:17:07 (1.331.) 4:48:39 (1.596.) 12:37:48
Jeanne, Charlotte 1:33:36 (159.) 7:32:48 (143.) 4:28:41 (82.) 13:57:45
Walliser, Philippe 1:11:33 (942.) 7:31:56 (2.135.) 6:16:17 (2.162.) 15:25:15
Péronnet, André 1:53:45 (2.288.) 7:54:17 (2.205.) 5:45:46 (2.072.) 15:56:24
Borie Christophe 1:23:06 () 8:29:17 () ……….

Félicitations à vous tous pour votre courage et vos résultats.

A bientôt sur Nogent.

Arnaud.

Mon Ironman Nice 2013 – par Philippe Walliser

Chronique d’un nouvel Ironman qui n’aurait rien pu faire sans vous tous !!

Septembre 2010 – Forum des associations – Un triathlète flanqué d’un polo de finisher à l’lronman de Nice (je ne sais plus qui) arrive à me convaincre de m’inscrire au Nogent Solidarité Triathlon « petit club à ambiance familiale »

Juillet 2011 – Un premier CD à Paris, cool !!

Septembre 2011 – Evidemment, on rempile pour un an dans ce « moyen club à ambiance toujours familiale ». Dans l’euphorie du repas club, je m’inscris à l’Half Ironman de Doussart. Vive l’effet d’entrainement…

Juin 2012 – Half Ironman Doussart. Malgré la pluie diluvienne, je passe un super moment, j’arrive à terminer, qui plus est sans dégât, en compagnie de Aneth, Manu et Hervé.

Juin 2012 – Ironman Nice – Aneth, Manu et Hervé se sont lancés cette année, je les suis en direct sur internet, ils deviennent des Iron(wo)men, une petite étincelle s’allume en moi et me souffle, et toi, tu n’y arriverais pas ?

Septembre 2012 – Evidemment, on rempile pour un an dans ce « grand club à ambiance toujours familiale ». Je m’inscris également à l’UAI Nogent pour avoir des séances complémentaires de fractionné que je suis incapable de faire seul.

Octobre 2012 – Marathon de Vincennes en 3h26 (merci Henri !!), l’étincelle a grandi et me chauffe de plus en plus mais je reste très méfiant… Je suis de plus en plus tenté par le défi Ironman, mais hors de question de tout sacrifier pour cela car si le club a une ambiance familiale, la vraie famille reste la priorité !

Décembre 2012 – Lors d’une discussion avec Danielle (ma femme), elle me dit : « Fin 2013, tu changeras de poste, tu n’auras plus le temps de t’entrainer tes 6h par semaine, donc si tu veux essayer, essaye cette année ». Je m’inscris donc à l’lronman Nice 2013 et l’AVENTURE COMMENCE !!!

Janvier 2013 : Je reste fidèle à mon idée : mon objectif est de terminer dans les délais en continuant à m’entrainer régulièrement comme depuis septembre 2010 (6-7 h par semaine max) avec, en moyenne, 1 entrainement Natation, 2 entrainements CAP, 1 entrainement Vélo s’il ne fait pas trop moche. De toute façon, je suis persuadé que mon corps n’accepterait pas des entrainements intensifs pendant plus de 10h par semaine (voire 15h) et en plus je n’ai pas le temps (Si, si, on bosse à la SNCF !!).

Février-Mars  2013 : Avec l’hiver pourri, je ne fais quasiment pas de vélo mais me suis trouvé un nouveau partenaire : VELIB !! Ok, cela ne vaut pas des tours d’anneau à bloc ou des virées à Tigeaux mais ça fait tourner les jambes… Tout de même 650km entre février et juin.

Avril 2013 : Je coupe totalement pendant quasiment 3 semaines pour partir en vacances au Mexique, toujours la famille d’abord !! Certains diront que c’est risqué voire insensé ; moi je dis que j’en ai besoin et que cela fait du bien au corps et au moral.

Mai 2013 : Bon là, il ne faut plus rigoler, je suis assidu dans mon programme d’entraînement (sans le faire exploser pour autant), j’ai arrêté le Nutella pour essayer de tendre vers mon poids de forme et je prépare ma tête à cet effort. Il ne se passe plus un jour où je ne pense pas au 23 juin…

2 Juin 2013 : Triathlon LD de Troyes. Je profite de l’occasion pour faire une répétition générale (matériel, alimentation, rythmes réguliers,…). Cela se passe bien, je ne vais pas très vite mais je tourne comme une horloge : même temps dans les 2 boucles natation, dans les 3 boucles vélo et dans les 2 boules CAP.

21 juin 2013 11h : Départ pour Nice.

Mon état d’esprit ?

Cela fait 3 ans que je m’entraine régulièrement, je suis plutôt en forme, je vais faire mon meilleur possible et si cela ne veut pas sourire, le monde ne s’arrêtera pas de tourner. Donc pas pression particulière.

Ou plutôt si, celle des autres. Depuis une semaine, je reçois un nombre incroyable de messages d’encouragements (famille, amis, collègues,…). Je suis particulièrement touché et à la fois je sens que les autres m’ « admirent », m’envient parfois, et vivent l’événement par procuration. Et pour tous ces gens, je me dois de finir pour ne pas les décevoir…

Objectif avoué : 14h00 (1h15 Natation + 7h30 Vélo + 5h CAP + 15′ transitions)

21 juin 18h : Je cherche mon dossard. Quelle claque !! L’ambiance de l’Ironman Expo fait immédiatement monter la pression d’un cran. On y est ; que des vélos monstrueux et des athlètes au physique impeccable… Qu’est-ce que je fous là ? Ah oui, juste finir un Ironman…

21 juin 21h : On dine entre copains du NST, la pression redescend…

22 juin : Danielle me rejoint, on pose les affaires au parc à vélo. Bon, ben y’a plus qu’à maintenant…

23 juin 4h : Réveil !! J’ai bien dormi mais le p’tit dèj. a du mal à passer.

23 juin 5h : Passage au parc à vélo pour gonfler les pneus et poser mes bidons.

23 juin 6h30 : C’est parti pour la 3,8km de natation !!! Que des fous furieux… D’habitude on prend des coups sur 500m, ici c‘est sur plus de 1km et à chaque bouée (lunettes et bonnet arrachés !). Lors du 2ème tour, j’ai un peu de mal à me diriger et à viser la bouée… Finalement, sortie de l’eau en 1h11 en nageant sur un rythme plutôt tranquille. Parfait.

23 juin 7h50 : C’est parti pour 180km de vélo !!! Je n’ai jamais fait cette distance de ma vie et fais une seule fois plus de 100km en 2013, va falloir gérer. Je pars tranquille en prévision du col de l’Ecre.

km20 : Première bosse très courte (500m) mais pentue (10%). Ça passe sans encombre mais je sens une douleur dans le bas du dos… Elle ne me quittera plus jusqu’au km120…

km40 : Alors que tout le monde roule très vite dans une descente, on nous ralentit, il y a eu un accident… Le triathlète est à terre, sous bâche et intubé (il décédera quelques heures plus tard). Ca calme tout le monde…

km50 : Début du col de l’Ecre. Waouh, 20 km de montée comme cela, ce n’est pas gagné… Néanmoins, pas de panique, je prends mon mal en patience, je mouline régulièrement et on verra bien. Ça monte à 10km/h mais ça monte.

Par contre, léger contre- temps, voulant appliquer les conseils de Yann, « Mange régulièrement, même si tu n’as pas faim car sinon c’est la fringale assurée », je me rends compte que j’ai du mal à manger, les barres et autres pâtes de fruit ne passent pas… Par contre, j’arrive à boire alors je bois pas mal.

Km70 : Fin du col de l’Ecre. Bon, ben voilà la plus grosse difficulté passée. Je récupère mon ravito perso mais n’arrive pas plus à le manger que le reste et mon dos m’a fait bien souffrir dans la montée.

Km70 à 120 : On alterne les montées et les descentes. Je gère à mon rythme et en suis très content. Seul motif d’inquiétude, comment finir la course si je ne peux pas manger ?

Km120 à 180 : Longue descente sur Nice, le pied !! Mon dos ne me fait pas mal en descente et je suis a priori dans les temps souhaités.

23 juin 15h30 : Après 7h30 en vélo, je rentre au parc exactement dans les temps que je m’étais fixé.

23 juin 15h40 : C’est parti pour le marathon !!! Les premiers kilomètres, je trottine à mon rythme, parfait. Je m’arrête aux ravitos, n’arrive toujours pas à manger mais je bois…

Je croise les 4 fous furieux du NST qui se tirent la bourre avec 15km d’avance sur moi. Damien est celui qui m’impressionne le plus, il court peut-être moins vite que les autres mais on dirait une vraie machine.

km12 : Patatra !! Je vomis une première fois. Les kilomètres suivants seront vraiment pénibles car dès que je bois, ne serait-ce qu’une gorgée, je vomis… A partir de là, je décide donc des moments où je me ravitaille en coca que je casse (il faut que j’assimile un peu de sucre tout de même), sachant que quelques kilomètres plus loin je le vomirai.

Charlotte me double comme une fusée et ne faiblira jamais ; immense respect à elle, 3ème féminine F20-24 !!

km22 : Je suis à 4 pattes pour la 3ème fois, un officiel vient me voir pour savoir s’il doit appeler les secours. Je dis « Non, non, tout va bien » ; surtout ne pas se faire sortir de la course… Je repars, il me suit sur 200m pour voir comment je marche et me laisse filer.

A partir de là, oubliés les objectifs, je refais mes calculs, si j’arrive à marcher à un bon rythme je dois pouvoir rentrer dans les délais. Et c’est parti pour 20km de marche (Cyril, même pas en rêve que je fais la marche aux prochains Interclubs !!).

De plus, je croise Dédé à tous les tours. Lui, il court et a moins d’un tour de retard sur moi. Je me dis « Cool, il devrait me rattraper dans le dernier tour et je ferai l’effort pour rentrer avec lui ». Finalement, il ne me rattrapera pas.

km30 : Je double un triathlète anglais déguisé de la tête au pied en une espèce de Spiderman (en fait, c’est le drapeau anglais en lieu et place de la toile d’araignée). Ils sont vraiment tarés ces anglais… mais ça fait du bien au moral.

km32 : Danielle est rentrée à l’hôtel pour mettre ses runnings et marche à côté de moi pour les 10 derniers kilomètres. Ce dernier tour sera du pur bonheur : je sais que je vais rentrer dans les délais, Danielle me lit la multitude de SMS reçus dans la journée de la part de nos copains, les gens m’encouragent à fond sur le bord de la route à coup de « Vas-y Philippe !! », « Let’s go !! », « Venga !! ».

km41 : On croise un arbitre officiel qui nous dit de rentrer ensemble (moi et Danielle) sur la Finish Line.

km42 : On arrive sur la finish line éclairée par des projecteurs surpuissants, les 2 tribunes sont archi-pleines de gens qui hurlent et tapent avec des tap-tap, les pom-pom girls nous accueillent, la musique est à fond ; comme si j’avais gagné la course !!

23 juin 21h55 : Je passe l’arche tant espérée en compagnie de Danielle après 15h25mn15s d’effort… le speaker crie dans le micro « You’re an ironman !!». Un moment que je n’oublierai pas.

Une chose est sûre, en aucun cas, je n’aurai pu réussir cette aventure sans vous tous et c’est pourquoi je tiens particulièrement à vous dire : MERCI !!!

–      A Danielle (ma femme), pour m’avoir incité à m’inscrire à cette épreuve et à son soutien indéfectible avant, pendant et après l’épreuve

–      A Victor et Noé (mes enfants) pour leurs paroles les semaines précédant l’épreuve dans lesquels j’ai senti toute leur fierté que leur papa fasse l’Ironman ; à condition qu’il finisse bien sûr. Les enfants n’ont décidément pas la même conception de l’effort et de la réussite que nous… Victor m’a fait remarqué au téléphone juste après la course car j’avais fait une transition natation/vélo de plus de 10’ et Noé m’a dit que j’avais fait 1h25 de plus que prévu… Au moins, ils savent compter !!

–      Aux supporters présents sur place qui ont donné de la voix pour nous pousser à nous dépasser : Amandine, Véronique, Agnès, Vanessa, Céline, Adrien, Pierre.

–      A mes camarades de galère avec qui nous avons vécu une belle aventure et un beau WE : Charles-Edouard (encore merci pour ton vélo !!), Greg, Alain, Damien, Titi, Charlotte, Dédé et Christophe par ordre d’arrivée.

–      A tous les copains supporters absents qui ont envoyé des SMS en pagaille avant, pendant, après.

–      A tous les membres du NST et de l’UAI, anciens et nouveaux avec qui je m’entraine régulièrement qui ont inondés ma boîte mail d’encouragements et de félicitations.

–      A mes collègues à qui je raconte mes WE et qui me prenne pour un fou (sauf mon chef qui fait aussi du triathlon).

–      A tous ceux qui acceptent chaque semaine de nous entrainer avec passion pour que l’on progresse et atteigne nos objectifs : Marc en natation, Thomas et Cyril en CAP.

–      A Aneth, Manu et Hervé (par ordre d’arrivée aussi), pour m’avoir montré en 2012 que c’était possible.

–      A tous ceux que j’ai forcément oublié et qui j’espère me le pardonneront…

Voilà, maintenant, c’est terminé…

Je sais que je n’en referai pas de sitôt, voire jamais, mais ce fût une aventure inoubliable et si mon récit a pu allumer la petite étincelle à certains d’entre vous en prouvant que sans être un sur-homme sur-entrainé, on peut y arriver, alors j’en serai encore plus heureux…

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Récit Nice – par Damien

Je suis d’accord avec Philippe, M E R C I à tous,

d’abord à mon ami Alain qui par ses conseils, son amour et sa passion de ce sport, sa joie de le pratiquer, son expérience et son goût pour la rivalité sportive m’a amené à Nice presque à l’insu de mon plein gré,

c’est encore lui qui m’a donné les derniers conseils essentiels sur ma gestion de course et l’alimentation,

puis à Elitsa qui m’a fait progresser en course à pied (tu te souviens de Saint Leu 2012? bouh…) et en natation (super coordination dans la progression remarquée par Marc). En vélo, c’est un peu un boulet quand même!!! mais elle progresse et c’est pas fini…

Elle a compensé ses absences en course à pied des derniers temps par son coaching (inquiétudes, tempérance, gestion du repos, conseils de récupération, d’échauffement, etc…)

puis à mon ami Nico, qui en cherchant à me couler régulièrement dans la piscine (par derrière et les jambes!!!) m’a rendu insensible à la bagarre au départ de la course et aussi par l’esprit de compétition qui a grandit en moi grâce à lui,

puis à Yann pour son exemplarité, ses conseils d’entraînement et d’alimentation et pour ses encouragements aussi,

puis à Véronique, Nathalie, Delphine, Stéphanie et Laure pour leurs encouragements et leur soutien (moral et psychologique), et merci pour vos sourires,

et puis à tout les membres du club par votre sympathie, esprit de solidarité, gentillesse, concurrence, soutien, etc…

et surtout ma famille, enfants et parents qui …

et bien, … qui ne m’ont pas vu depuis des mois !!!

Je précise que ma course de l’année est l’embrunman (15 août) et que Nice doit être une excellente préparation grandeur nature pour mon objectif.

Mon état d’esprit, puisque je suis en retard dans ma préparation, est de finir l’ironman en me gérant au mieux et garder mes ressources pour poursuivre au plus vite ma préparation en juillet.

Sous Malto et pâtes depuis trois jours,

Voici comment j’ai vécu cette journée du 23 juin 2013:

Lever tôt (5H) pour manger un dernier gros plat de pâtes froides sucrés (et envoyer quelques derniers mails).

Je prépare ma boisson d’attente et mon bidon de course,

j’enfile ma nouvelle trifonction sans poche (là, il manque quelque chose)

j’oublie ma puce dans ma chambre et, grâce à Véro et Alain, je la met à ma cheville dans les temps…

déjà je suis en combinaison sur la plage (pas de sable fin mais des cailloux qui font mal aux pieds!)

Mon ventre est tout gonflé de deux jours et c’est le drame:

alors que je discute avec Alain (mon ami qui m’a entraîné dans cette galère) et Titi (Thierry qui m’a imposé un pronostic à 12H19),

ce dernier casse ses lunettes de natation. On est à moins de 3′ du départ…

Il reste figé, il croit rêver. Je le rappelle à la réalité et il trouve une solution auprès d’un spectateur qui lui prêt un paire de lunettes…

Le départ est donné…

2400 m de bagarre dans tous les sens, tête coulée, jambes tirées, un coup à droite, un coup à gauche, un coup derrière, quelques coups de pieds, et une houle qui masque les bouées.

Tout le monde avance à l’aveugle et en zig-zag. Impossible pour moi de m’économiser, j’arrive juste à contenir ma panique cent fois éprouvée…

Une sortie à l’austalienne et ouf, un peu de répit. Je nage enfin en glissant et avec le sourire (Marc, tu peux être fier de moi!).

Je sors de l’eau heureux (je suis vivant et je n’ai pas paniqué) – 1H18 je trouve cà moyen mais vu la pagaille cà me convient.

je cours vers mon sac de transition vélo. C’est le bordel, il y a du monde partout, je met 3′ à trouver mon sac et 5′ à m’habiller. Il y a un bouchon à la sortie du parc à vélo (2′).

Cà y est c’est parti, je roule cool dès le départ. Je bois beaucoup immédiatement. je vais manger une  demi-barre ou un gel tous les 20′.

Il y a du monde autour de moi, je double et on me double…

Au kilomètre 21, une petite côte de 500m que je monte en danseuse, je me sens fort. Mais je dois m’économiser (merci Alain) alors, je prends un rythme de croisière tranquille…

Je double un triathlète d’Istres avec lequel j’ai joué à la pétanque en Corse, une petite blague et hop, je poursuis…

Je suis concentré sur mon alimentation. Les boissons énergétiques Powerbar fournies sont trop acide, je compense par de l’eau et des barres sucrées.

Aux alentours du kilomètre 65, je double Alain et je suis inquiet. Est-ce que je me donne trop? En fait, je suis à mon rythme et je décide de le conserver.

Le plus dur, c’est de se laisser doubler par des cyclistes que l’on sent plus « faible » que soi.

Mais aujourd’hui, l’important c’est d’arriver. Pas de concurrence (en tout cas pas maintenant!)

Sur la portion d’aller-retour, vers le kilomètre 120, je croise Titi qui a entre 5′ et 1O’d’avance. Je me dis qu’il roule fort.

Après, il y a principalement de la descente, je vais fare du jus et m’économiser pour être le plus frais possible au départ du marathon.

Je me laisse glisser dans les descentes grâce à mes nouvelles roues (merci Mathieu!- Mathieu mon super fabriquant de roues) et je double presque tout le monde. Je reste prudent (je te promet Antoine) après ma chute de Doussard l’an dernier.

Sur le plat, je roule sans forcer jusqu’à l’arrivée. – je ne connais pas mon temps, ma super montre Garmin a fait des siennes dans une bosse sur la partie vélo, je pense être à environ 6H30 de vélo.

Départ course à pied après être passé au toilettes (3′ pour rien!). J’entends pendant la transition que le jeune triathlète ensanglanté que j’ai vu allongé sur la route pris en charge par les secouristes était décédé. Ah que c’est triste un accident.

Il n’y aura pas de feu d’artifice ce soir…

Je pars sur un rythme de 5’15 au kilomètre (les deux premiers). trop vite. je décide de ralentir et de courir à 6’/km. C’est plus raisonnable. Je veux surtout finir frais et prendre du plaisir jusqu’au bout…

Il fait chaud, je m’arrête à chaque ravitaillement (une douche, un peu d’eau, parfois une barre, parfois un gel, parfois de la boisson energétique) et je repars. Je ne veux pas marcher.

Au croisement je constate que Titi a environ 5′ d’avance sur moi et Alain environ 5′ de retard…

Au kilomètre 15, je me cache dans les wc pendant quelques minutes, le temps qu’Alain passe sans me voir…

Le tour suivant, j’observe qu’il a environ 5′ d’avance mais je le vois marcher. Je l’appelle et aussitôt, il se remet à courir. J’espère qu’il n’est pas en difficulté…

Puis je constate qu’un triathlète du NST se trouve une centaine de mètres devant moi. Je regarde ses chaussures. Elles ne sont pas rouge, ce n’est donc pas Alain.

C’est Titi. Je décide (c’est mal mais la on est en conurrence!) de le suivre quelques kilomètres pour m’économiser et puis de le doubler sans lui laisser de chance.

Mais il a des crampes et il s’arrête pour s’étirer. Je passe à côté de lui en l’encourageant, je suis triste pour lui. Nous sommes au kilomètre 25 environ.

Je poursuis seul ma course sans voir personne. Je recroise une dernière fois Titi en sens inverse qui vient de doubler Philippe.

Personne? non! à chaque passage, on crie mon nom. Merci Véro, Agnès, Céline, Danielle, Pierre et Adrien, vous êtes des ironsupporters géniaux. Il y a même des gens que je ne connais pas qui m’encouragent. C’est génial.

Arrivé au dernier demi-tour, il reste moins de 6 km, le chrono indique 11H56′.

Mon rythme est de 6’20″/km environ. Je me dis que si j’accélère, je peux rentrer dans les temps du 12H30′.

J’ai en tête les paroles d’Alain la veille: « sur cette course, tu ne sais pas quand tu craques, cà peu être au 20ème, au 30ème, au 37ème! Cà ne prévient pas! il faut se gérer. »

J’accélère légèrement et approche de l’arrivée. Je précise que depuis le kilomètre 30, je sens les crampes proches et me rappelle les paroles de Christian en course à pied: « il faut se relâcher, surtout les jambes ».

Je me dis: « il se fou de ma gueule, c’est impossible » mais je m’efforce de respecter ces conseils. Je crois en fait que cà m’a aidé.

Et à environ un kilomètre de l’arrivée, crac…

Une crampe violente au quadriceps droit. Je m’arrête, je me tiens aux barrières. je m’étire quelques secondes…

Je repars. Ouf!

J’accélère en arrivant sur le tapis bleu.

Je vais être un ironman et j’ai couru tout le marathon…

Cà y est, je suis un ironman… 12H25’19 »

Que cà fait du bien de finir.

Dans la zone de récupération, il n’y a que des triathlètes fatigués, couchés, souriants…

Je retrouve Alain mon ami. Yesss. C’est bon d’être là.

On va prendre une douche, se changer et venir supporter les autres…

Titi est arrivé. Il va bien.

Agnès, heureuse et souriante me prend en photo. J’adore.

Je découvre tout les messages d’encouragements et de sympathie sur mon téléphone. Je suis aux anges…

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Récit Nice – par AndréL’histoire de l’Ironman de NICE 2013 : Un PARI !!

Été 2012, mon fils ainé Adrien devrait partir pour « Sofia-Antipolis » (entre Nice & Antibes) afin d’effectuer sa 3ème et dernière année d’école d’ingé. Son père : MOI, inconscient, s’engage à faire « NICE » si Adrien devient le ‘régional’ des supporteurs !

Septembre : aucune hésitation pour rempiler au NST et profiter de toutes les séances, Adrien est bien dans le sud, c’est donc parti, le projet se met en place dans ma tête.

J’en parle à mes proches qui n’y croit pas, ou n’ose pas y croire, et en décembre, je m’inscris et réserve l’hôtel.

Pascale, ma femme, ne réalise pas encore que je suis inscrit mais parle de mon objectif à nos amis.

Le programme de l’année (fait par votre serviteur) se met en place :

1)      Marathon de Vincennes,

2)      Ecotrail de Paris, version 80Km, celle qui finit en montant à la Tour Eiffel,

3)      Semi de Nogent,

4)      Triathlon LD de Troyes en guise de révision.

Il faut maintenant investir du temps : Merci à Pascale (et de l’argent pour un vélo ‘atelier’ [désolé ‘tonton bicyclette’).

1ère étape réussi  à mes yeux avec 4h05 (mon meilleur temps)

En février, Antoine D réussi à me convaincre de l’accompagner à l’Icetrail. Why not ! je n’ai jamais fait de Trail et encore moins sur et sous la neige. Par contre il m’a fallut environ 3 semaines pour ne plus avoir de séquelles (avec une crève en parallèle).

Début mars : perception du vélo ! il est beau et léger, mais il faut tout de même pédaler !

2ème étape sans suite du fait que cette année, l’Ecotrail ne finira pas sur la Tour Eiffel pour des raisons de travaux (et cela malgré l’implication de Bruno)

3ème étape formidable, je passe la barre des 11Km/h avec 1h53

Les conseils d’entraineurs paient !

L’échéance se rapprochant, Christian me (nous) conseille sur la gestion d’un effort ‘long’

Jusque la : Tout Va Bien !

En avril, je passe à 2h d’entrainement consécutives de natation le mercredi. À partir de mai, je passe à 2 séances par jour (matin + AM) dès que dispo soit environ 3 à 4 fois par semaines.

Fin mai, alors que nous sommes en WE en Normandie ce qui devrait me permettre de nager en mer pour la 1ère fois. Le samedi 25 matin : sciatique !!!!! (diag du toubib local)  Tout tombe à l’eau, 1à 2 mois d’arrêt de sport. Les larmes aux yeux, mes efforts de l’année sont anéantis en commençant par ma participation à Troyes.

Le lundi 27, mon médecin, confirme le traitement  avec 10 jours d’arrêt total et contre visite le mercredi 5 juin AM.

La mort dans l’âme, je laisse filer  les entrainements et Troyes (avec sa vie en communauté prévu du 1er au 2 juin).

Le 5 juin, petite virée en vélo pour pouvoir donner des indications au toubib et j’obtiens le feu vert pour une reprise en douceur. Donc le soir : piscine.

Bilan, 15 jours de perdus avec 3 grosses sorties qui étaient programmées en vélo et CAP.

Mais à partir de la : Tout Va Bien surtout qu’il y a déjà les 1er encouragements par SMS et mails !!

Qu’à cela ne tienne, on reprogramme et avec les manipulations de Greg, le mardi 11 c’est parti pour 50km CAP avec Christian (réduit à 43km pour des questions de timing) et le jeudi 13, 200km vélo. La 1ère moitié idéale avec un temps gris, le retour sous la pluie et avec crevaison.

Un nouveau WE normand est mis en place le 15 & 16 juin pour me tester en mer.

QUE DU BONHEUR : Tout va Bien ! (physiquement car mentalement ça cogite …)

Départ prévu le jeudi 20 avec mon 2ème fils, Pierre, direction Avignon pour une étape familiale.

Mercredi, Check list avec Pierre du matos embarqué dans la voiture. Stupeur, mes lunettes de natation à ma vue !! OU sont-elles ?  (cela donne le ton). OUF simplement à la maison.

Jeudi matin chargement des vélos (Greg + le mien). Roue avant dégonflée sur le mien !!!!! on se calme et nous passons en partant chez mon ‘vélociste’ pour un remplacement ‘pneu+chambre’. Pas de prise de risque !

Pendant le trajet, je me fais déjà doublé par des voitures belges chargées de vélo « IRONMAN ». On se klaxonne …

Vendredi, arrivée à Nice à 15h30. Déchargement, Installation et retrait des dossards avec Greg (cela me fait du bien au moral).

L’organisation que l’on m’avait ‘vantée’ est au rendez-vous. Pas de Pb.

CAP et baignade pour finir après midi. Le diner en groupe (18 présents dont 6 participants) me décontracte et j’écoute les différentes astuces qui s’échangent :

–          1 cuissard cycliste par-dessus la Tri, mais que pour la partie vélo, afin de préserver ses fesses ! pas bête mais du coup il faudra en acheter un.

–          Pas la peine de prendre les belles gourdes beaux bidons car ils seront jetés sur la route pour prendre ceux tendus aux ravitos ! il faut que j’en trouve des ‘pas cher’.

Cela m’occupera samedi.

Samedi, réveil tranquille, physiquement bien mais bien préoccupé dans la tête. Baignade à 7h30 et vélo de 9 à 10h30. Achat du cuissard et de 2 bidons au village. J’étale les sacs à préparer et réparti mes affaires en conséquence.

Jusque la : Tout Va Bien !

Déjeuner  en bande puis, il faut aller déposer le vélo et les 2 sacs de transition. Vu mon n°, la fenêtre de tir est entre 14h & 15h. Avec Alain, nous décidons d’y aller ensemble. Je repasse à l’hôtel pour boucler les sacs, stupeur ; mes manchons de compression pour la CAP ….. (alors qu’ils étaient « checkés »), encore une préoccupation. En allant au ‘Parc’ nous passons devant le village sportif, j’achèterai des manchons (pas des K-Swiss, n’est-ce pas Alain ?). L’esprit est bien occupé, mais ça y est, je suis au parc à … 15h05 ! Organisation toujours au top.

Déposer du vélo, dégonfler les roues,  mettre la housse « power-bar » sur le vélo, déposer les sacs. OUF.

Rien de prévu pour le reste de l’AM à part la préparation des 2 sacs de ravitos ‘perso’ à déposer le matin de la course.

Je me fais plaisirs en achetant une serviette « Ironman » (pour frimer à la piscine). Le moral est donc plutôt positif.

Le soir diner encore en bande (et tant mieux) avec du Gatosport en dessert (enfin pour ceux qui ont réussi à le faire cuire…) et au lit.

Dimanche, réveil 4h15 sans Pb. Salade de pâtes préparée par Adrien sur les conseils de Christian et Gatosport en dessert et c’est parti. Accompagné par Adrien, Pierre nous rejoindra au parc.

Arrivée au parc à 5h30 pour une fermeture programmée à 6h : correct. Déposer les ravitos, débâcher le vélo, regonfler les roues, mettre la combi, NON passer aux toilettes. Je ne suis pas seul ! 5h55 OUF sortie à 6h03. Direction la plage (de galet), mon sas (>1h25, il n’y a pas plus).  Mais les bouées, ou sont elles ?? Je demande à un encadrant ‘IRON’ qui me rassure en me conseillant de suivre  le troupeau (il a du voir mon n° et le sas).

De toute façon, c’est sur que je ne serais pas devant, je pars donc dans les derniers (sur les conseils d’Hervé) mais cela ne devrait pas influer sur mon chrono.

1ère bouée en 30mn, 2ème à 40mn, retour dans l’eau après la sortie à l’Australienne à 1h10, sortie de l’eau : 1h50. SUPER. 1er pari gagné ! tout en crawl et sans panique ni fatigue excessive (Dédé la torpille… dixit Antoine P ou Mehdi qui me voyait me noyer à mes débuts).

Changement de tenu avec une assistante ‘IRON’ qui me crème solaire (le privilège des derniers ?), franchissement de la ligne de départ à 2h02 pour à priori 9h de vélo.

Je rattrape et double qu’à partir du 10ème Km et j’avoue que le diesel à bien fonctionné dans les côtes : pas de surrégime, ni de surconsommation. Du coup, dans l’ascension du col de l’ECRE, j’absorbe des concurrents comme le Dossard 54 « Trangrv Gianinarenee » (son prénom de Philippine) qui fait partie des 3 concurrentes de Charlotte. Coté sympa, nous nous motivons (à 70% en anglais) par nos prénoms qui sont sur les dossards.

d’ailleurs ces prénoms m’ont valu une bonne surprise dans l’ascension, une ‘petite dame’ me regarde passé et de suite après me dit « André, le papa d’Adrien? », ce que je confirme. Du coup, elle se met à courir à mes cotés et se présente: « je suis Florence, la propriétaire du logement d’Adrien ». petite causette pendant 10mn puis je l’invite à se joindre à nous le soir! et je continu vers le col de l’ECRE.

12h30 déjeuner après avoir récupéré au Km70 nos ravitos perso. 4 pains au lait beurrés avec tranche de jambon (recette de Greg) + 1 portion de Gatosport avec compote le tout arrosé d’un verre de Coca (mais pas plus).

Surprise, dans la cote de St Pons : Christophe qui a le sourire. Il me repasse au col du fait d’un arrêt ‘vidange’, mais je le retrouve 10km plus loin.

Dernier tronçon : ravito à fond (barres de céréale, Gatosport, compote) en prévision du Marathon.

Je fais les 15 derniers Kms avec un Espagnol qui avait besoin de soutien et qui me la rendu en CAP.

Après ces 8h de vélo : Changement de chaussette, manchons, chaussures, échange du casque contre une casquette ‘Touareg’ et toujours crème solaire par mon assistante ‘IRON’. Surprise en mettant mes chaussures : mes manchons que je cherchais partout !! pas grave, tout cela restera dans le sac de transition.

1er tour de CAP pas de Pb particulier, les douces font du bien (enfin peut être ?) et je rattrape et ‘pousse’ sur 8km Emmanuel du « Sablé Triathlon » qui calait dans son dernier tour.

Au cours du 2ème tour, un coup de mou … mais pourquoi ??? pas de Pb musculaire, alors quoi ?? on pense à autre chose, on change sa foulée, on respire différemment, on se distraie … et effectivement, cela passe.

Résultat, moi qui avais une demi-heure d’avance sur ma prévision de 15h45, je me retrouve avec 2h30 pour boucler les 20 derniers Km. Plus le choix, il faudra être constant.

Détails :

–          mes enfants avaient fait des marquages à la craie sur le parcours du Marathon rehaussé d’une pancarte « Allez Dédé ».

–          les 4 boucles permettent de croiser nos amis du NST mais ils ont quasiment tous plus de ‘chouchous’ que moi !!!!! par contre cela réconforte de les voir et permet de se booster !

Dernier tour, Adrien m’accompagne avec la pancarte et il me reste bien 1h15. Ne toujours pas baisser le rythme (Thierry me le hurle au passage). Tous les passants, et automobilistes qui avaient leur fenêtre ouverte, m’ont encouragé et je n’ai pas vu le dernier ‘retour’ de 5Km (Nicolas a même constaté une accélération).

L’arrivée, la foule, la ligne, les Pompoms Girls (Cela rend jaloux Florent). Je franchis la ligne avec la pancarte « Allez Dédé », je danse le « © TSONGA » sur la ligne puis, à partir de la, plus rien : Froid, Faim, Fatigue (étonnant non ?), mais FINISHER et avec un feu d’artifice pour moi ?! et en plus ma remise de médaille est sur  « France 3 » (merci Damien de l’info). Désolé Yann mais malgré ton injonction : « Pour Nice pas d’accord le marathon s’est en courant que ça se passe donc c’est 14H45 max », je n’ai pas pu faire mieux !

Les assistants ‘IRON’ me mettent une couverture de survie et m’emmènent me restaurer.

Comme tout mes compagnons de route, MERCI à vous tous, membres du club, supporteurs (amis et famille) pour vos encouragement directs, par SMS ou mails.

Une pensée à Pascale que le hasard à intégré à mon dossard : 2754… Cela fait 27 ans que nous sommes  ensembles et à 2 cela fait bien 54 !!!

Une dernière pensée pour Robert EVANS qui nous a quitté en réalisant une ‘envie’.

André l’un des FINISHERS

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Retour Nice par Titi

The D Day +3… que d’émotions et par où commencer… Un fait, je ne
réalise pas…
… il y a 3 ans lors de l’inscription au petit club qui monte avec tous
ces tarrés, il y a 30 ans à Stade2 (oui oui c’était un mag de sport le dimanche
soir) avec des images du départ et surtout le mot Ironman, en BD avec mon héro
favori Ironman, avec ma femme qui me dit “lance toi, nous serons avec toi”,
avec, avec, avec.
Alors pour commencer, comme mes potes, copains, ironmen/women, je remercie
tous ceux qui ont cru en moi pour réaliser un tel exploit, une aventure humaine
unique, ma Femme, mon Epouse, ma “Logistiqueuse”, ma Préparatrice mental en
d’autres termes mon Amour (hein greg), mes amours avec les enfants qui ont
supporters 6 mois de transpiration et 12 semaines d’entrainement intensifs, ma
fatigue, mes bobos, mes absences… Merci – merci – merci.
Merci aux amis, proches que j’ai du saouler avec Nice par ci, Nice par là,
pas boire, pas manger, non non tu sais bien y a Nice…
Merci aux potos du club, Will, Antoine, Yann, Jules, Thibaut, Phiphi, Jé et
vous tous que je ne cite pas, 110 c’est long à écrire mais je pense à vous
(surtout aux filles en faitClignement d'œil)
Merci Greg pour ces entrainements de malade autour de l’anneau et dehors en
promenade…
Merci, merci et encore merci à vos mails la veille, le matin et pendant la
course car quelle course, quelle épreuve.
Et pourtant tout commence très très mal,
6h25, les pros se lancent,
6h28, mes lunettes posées sur mon nez explosent littéralement,
inutilisables, pas de panique mais un grand moment de solitude, je le crois pas,
impossible, pas maintenant, merde, fait C…, Damien me rappelle à la réalité et
je demande à DJ Style de faire un appel à la foule pour me trouver des lunettes
et là une âme charitable, supportrice me donne ses lunettes, je la remercie,
règle ces nouvelles lunettes et hop c’est parti, pas le temps de reprendre mes
esprits, la course est lancée et je me lance en queue pour nager dans une vague
de bonhommes/femmes qui ne se laissent pas faire, sur moi, derrière moi, pieds
attrapés, punaise c’est l’anarchie ici !!!
Allez 2eme tour, sortie à l’Australienne, plus que 1400m avec cette houle
qui nous balade latéralement et des vagues qui nous indique que la bouée est là
et pis elle n’est plus là et pis elle est là (vous voyez?, j’en dis pas plus
vous allez avoir le mal de merMalade). Sortie Nat en 1h16 (prono 1h15-1h20), ok
ça c’est fait.
T1 : une tape five dans la main de ma femme (“c’est bien, c’est bien, tu es
bien”) je cours et entre dans le parc et c’est quoi ce monde !!!, je m’assoie où
MOI !!!!, sac, chaise et je m’équipe, pars pour prendre le vélo et une tape aux
fesses de Damien au passage (la vache il a super bien nagé le bougre), vélo et
queuleuleu pour sortir (ben vouis il y en a qui marche dans le parcFâché).
Go pour le vélo et ces 180km avec les difficultés reconnues sur plan et
avec différents athlètes lors du dépôt du vélo, alors on se calme (Yann a dit
pas comme une balle devant le Negresco) alors je mouline, bois, mange, bois,
mange, et surtout me laisse doubler. 1ere difficulté, la côte de Condamine,
wouahhh, jolie la montée et ça calle pas mal dedans, je monte, je passe, je me
sens bien, direction col de l’ecre, Je double Alain qui m’encourage (km51-71).
Le voilà, ça monte, ça souffre, ça ne parle plus, on sent la difficulté faire
son travail, mettre à plat les cyclistes et j’en vois porter le vélo, aie,
Gourdon (milieu de la montée) et beaucoup de supporters comme au tour de France,
punaise c’est bon, ça réchauffe, car là haut, c’est frais et brouillard, dommage
et tant mieux on souffrira moins. Les descentes sont dangereuses, certains en
profitent pour rattraper le temps perdu… et se retrouvent au sol, beaucoup de
chutes, trop de chutes d’ailleurs cela remet immédiatement les idées en place,
nous pratiquons un sport dangereux dans les descentes, un homme au sol, pas beau
à voir, nous apprendrons plus tard qu’il décèdera. On joue avec les autres
coureurs, leur prénom, marque du vélo, nom du club, pays d’origine, et surtout
position de la chaine sur la cassette, et nous sommes tous à gauche,
complètement à gauche, ça mouline et ça monte mais on avance… je croise Greg
au demi tour, il semble bien, Damien est là aussi…non de dieu y va me coller
longtempsClignement d'œil… les cuisses chauffent tout de même, je
les refroidis avec de l’eau car je refuse l’idée d’avoir des crampes sur le vélo
mais surtout à la CAP. alors je bois, je refroidis en permanence (conseil de
Greg)
retour parc en 6h17 (prono 6h15) ça tient toujours mais est ce que j’ai
encore des jambes parce que la course commence véritablement maintenant et le
soleil est présent, fait chaud…
T2 : on se change de haut en bas, je m’équipe pour aller courir, je sors de
la tente et je cours, mes jambes sont là, pas de crampes, yesssss
Allez je sors du parc et je pars pour 42 km sous un cagnard !!!, 1er
ravito, refroidir tête, eau, coca (encore merci Yann sur le coca, ça passe),
s’hydrater en permanence, penser à boire, manger, penser penser penser.
1ere boucle, les femmes sont là, elles hurlent, VAS Y VAS Y, d’autres que
je ne connais pas crient Allez Thierry, je croise Greg qui parait bien lui
aussi, Alain, Damien, allez Go pour aller chercher la 2eme boucle(chouchou jaune
hein Phiphi tu te souviens “tu regarderas les chouchous des autres”), José (pas
celui que l’on connait Yann), José Jeuland me double et je le redouble, il n’est
pas bien du tout, il dépose ses boissons sur le trottoir, non ça va pas pour
lui, il est 5, punaise je double le 5eme oui sauf que lui il finit moi je
commence. Il me repasse et je lui glisse allez mon gars tu l’as fait lâche
rien… pour moi ça passe toujours, prendre le temps, Greg encore là, il court
ça tient pour lui aussi, Damien est là, Je vois Alain, on est bien (hein
Tintin), je commence à ralentir l’allure car les jambes se raidissaient, Alain
me passe sans trop de difficulté, Damien revient vite, très vite.
KM 25, aie, petites crampes au mollet, et j’étire mais rien de grave je
repars, Damien me passe (Respect mon Damien, tu m’as impressionné), je ne peux
pas suivre, je ne veux pas suivre, je suis dans ma course sur mon allure 9km/h,
je tiens, ça tient. je croise Greg qui semble être dans le dur, merde, je croise
Phiphi qui court, Charlotte, Dédé et Christophe qui entre au parc (yess il est
là, il entre dans le timing, c’est parti pour lui aussi, nous sommes tous là
maintenant, y aura que des finishers je le sais, un triathlète ça n’abandonne
pas). maintenant j’alterne marche et course, KM 28, le plus dur reste à faire le
Chouchou rouge, allez le chercher, ensuite il restera 12 km.
3eme boucle, chouchou rouge, et je le montre à ma femme, je l’ai, je
rentre, j’arrive…mais aussi j’en peux plus du coca, ça ne passe plus, mange
mange et bois de l’eau, banane et eau car je sens que le coca va finir par
terre, Je croise une dernière fois Greg qui n’est pas bien non plus, Alain et
Damien, Yess ils entrent à l’écurie, ça va faire 3,
KM 35, là je suis dans le dur, KM 37, je croise Phiphi dans le dur aussi,
Charlotte, Agnès et son mari (oui Agnès je rentre à la maison), je ne lâche rien
moi non plus et j’attaque pour mes 5 derniers,
KM40, punaise je vois l’arche mais elle est loin, alors tête droite et on
arrête de penser, Cours, cours, cours Thierry, j’arrive, j’entre sur le tapis
bleu, je profite enfin je crois car je pense que je suis dans mon tripe, pas
lucide, y a beaucoup de bruit, je ne vois pas ma femme, je ne l’entends pas…
j’avance, j’avance, je monte sous l’arche et voilà c’est terminé… 12h37,
marathon en 4h48 (prono en 4h45). Prono définitif de 12h20, en fait je me plante
sur T1 et T2 que j’avais pensé beaucoup plus court mais ce genre de détail, on
s’en fout !!!, je suis un Ironman, 4eme à rentrer, les autres, les autres sont
où.
Il reste des potos du club au front, qui courent… je m’alimente, me fait
masser, je suis le seul du club, je ne comprends rien, y sont où. Je récupère
mes affaires, une douche, le soleil se couche et le temps s’écoule vite.
Charlottes est passée et de 5 (Podium 20-24ans, punaise quel souvenir et en
moins de 14h, chapeau), Phiphi passe et entre aussi, ca fait 6, reste Dédé et
Christophe.
15h55, voilà Dédé en transssssss, dans un autre monde, sur une autre
planète et hop sous l’arche…7. Il en reste plus qu’1, Christophe, mon ami qui
sans lui cette aventure du triathlon n’existerait pas, 16h, merde il entre pas
dans le timing mais je sais qui ne lâchera pas, il avancera, feu d’artifice, le
temps s’écoule., les supporters se retirent et il reste 1 mec qui continue de
courir, le chrono s’arrête, le démontage commence. Je pars à son encontre sous
les conseils de mon épouse, rassurer aussi sa femme, il doit y arriver, rentrer
lui aussi… mais je suis inquiet, il était pointé à 45mn de Dédé, je marche, me
renseigne, téléphone qui sonne, “il vient de passer le km36, ok je continue…
et qui je vois en bleu dans la nuit, Christophe accompagné de Damien (merci
Damien,tu es l’homme du jour à mon goût pour ta combattivité et ta gentillesse),
on accompagne Chris, on échange, il marche, il court, il avance…16h30, il est
toujours là, 16h40, toujours là, 16h55, il entre sur le tapis bleu, il finit
dans la souffrance MAIS il finit, nous serons 8 au départ et 8 finishers
IRONMAN. Christophe a son tee shirt, sa médaille et lui aussi ne réalise pas,
“j’ai fait la distance, je suis un Ironman”, oui Christophe tu en es aussi,
bravo mon pote car je dois dire que nous étions tous inquiets pour toi (famille
et proches) mais tu l’as fait !!!! Je te félicite et je te rends hommage car tu
as été au bout, dans la nuit, le dernier Ironman-Nice 2013.
Voilà, beaucoup d’émotions, un max de respect pour tous les finishers, une
combattivité, dépassement, humilité, fierté, de la joie et une envie de remettre
ça, normal car au NST Nous Sommes
Tarrés!!!!!!!!!!!!!
Titi, un Iroman 2013

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Retour Nice par Greg

A mon tour de vous narrer mes aventures jusqu’à ce jour du 23 Juin 2013.

En m’inscrivant en 2010 au NST je voulais faire du triathlon mais
uniquement sur CD… Tu parles!!!

Je comprends assez vite que les distances qui me plaisent sont les
longues (LD,Half et Ironman).
Le soucis majeur c’est qu’à chaque tri je finis accompagné de mes
copines à partir du 70ème km de vélo.
Eh oui il a bien fallu que je les apprivoise ces P…de crampes.

Rapidement j’ apprends à « démystifier » ce Grâal qu’est l’ironman.
Finalement je décide en décembre 2012 de m’inscrire car cette aventure
me chauffe de plus en plus et je veux savoir ce que ça fait de finir
un Ironman car si je m’inscris c pour finir…

En m’inscrivant j’ai comme objectif de finir certes mais en faisant un
chrono au plus proche de mes meilleures capacités du moment et pour ça
il va y avoir du taf (en fin de prépa cela deviendra un 2ème boulot).
Et pour me parvenir à réaliser cet objectif je vais trouver en
David( Chantreux) un coach de haut vol.
Il fera beaucoup plus que me suivre, il va me révéler à moi-même et va
me faire prendre conscience de mon véritable potentiel (en toute
humilité) jusque là inexploité.
Je commence donc sous son oeil avisé à me construire un foncier car si
je crampe c’est que d’après lui je manque de caisse, l’avenir lui
donnera entièrement raison (il est bon ce David!!!).

Les mois passent et il faut jongler entre boulot, famille et les
heures d’entraînements.
Les mois d’Avril, Mai seront les plus chargés mais par chance, comme
tout le monde le sait, cette saison a présenté 1 météo hyper favorable
rendant les entraînements très ludiques!!! 🙂
Je découvrirai même que l’homme ne fond pas sous la pluie ni sous la
neige d’ailleurs (n’est-ce pas David!!).

La prépa touche à sa fin avec comme test le LD de Troyes.
Je le finirai avec un chrono que je n’aurai jamais envisagé il y a
encore quelques mois.
C bon pour le moral…

Mes 2 dernières semaines vont être perturbées par une douleur au
genou…les boules, toute l’année j’ai chargé la mule et rien, pas une
douleur.
Fais chier…Allez pas de panique un peu de repos et ça va passer, ça
doit passer!!!

Le 20 Juin je pars donc pour Nice , ma femme me rejoindra le lendemain
après avoir déposé mes filles chez mes beaux parents à Avignon.
2 jours à se détendre en profitant du beau temps…le pied!!

Le JOUR J
4h du mat je me réveille facilement et sans stress (Bizarre),je mange
facilement et me dirige tranquillement vers le parc à vélo vers les 5h.
Je prépare le vélo et commence à faire la queue devant le Wc installés
par l’organisation…c’est toujours mieux de s’alléger avant la
course!!!
Je suis toujours devant et le speaker annonce qu’il ne reste que 6mns
avant la fermeture du parc à vélo, ma femme est passée en mode panique
car je suis toujours en tenue de ville…Pas de soucis j’suis large!!!

Allez Hop après mes « affaires » réglées je saute dans ma combar et me
rend sur la plage,plus le temps de s’échauffer…les pro partent dans
3mns.
Et alors là comment dire, il va être difficile de se mettre en 1ère
ligne dans le sas 1h02, j’arriverai quand même à me faufiler en 3ème
ligne.

Et c’est parti…
2600 dans l’eau c vraiment le bordel et là je pense à ceux dont l’eau
représente une véritable phobie (Damien et Dédé).respect messieurs!!
Lorsque je sors et passe sous l’arche je vois 1h12 et là je me dis
merde ça commence mal…J’apprendrai par la suite qu’il fallait
retirer quelques mns.

Au final je ferai 1h06…là ça me va mieux.

T1 merdique bcp de bousculade et pas une chaise pour poser son c…
(9’06).Je pars en vélo avec un peu en tête ma nat très moyenne (la
prochaine fois je mettrai une montre.
Allez on se calme place au plaisir…Je rattrape assez vite Alain et
poursuit ma route.

le parcours vélo me confirmera définitivement que je ne suis pas un
grimpeur , tout ce qui porte 2 roues me double…
Au bout de 2h30 mon genou commence à brûler…merde, allez on va gérer
pas le choix.
j’alterne position assise et danseuse jusqu’au moment où une de « mes
copines » veut finir la course avec moi,ouahou on se calme fini la
position danseuse et je monte au train…Arrivée en haut elle a
disparu ,super je maîtrise maintenant mes crampes.
Dans les descentes je marche bien et reprends pas mal de cyclistes…
Dans une des dernières grimpettes , mais dites moi pas que c’est pas
vrai, je double 2 cyclistes… Ah merde ce sont en fait 2 retraités
qui visite la région en VTT… NO commet !!

Je termine bien en 6h09.Contrat rempli…

Alors là maintenant on va rentrer dans l’inconnu car la cap réserve
souvent des surprises.

T2 se passe bien 6′

Je pars et toujours pas de crampes je me cale sur un bon 11 km/h pas
plus tout se passe bien jusqu’au 17ème environ..là, un pote de la
région m’accompagne sur son vélo et m’encourage…

Je croise alors à plusieurs reprises les potes du NST ,Alain Titi et
Damien ont l’air bien… la vérité ça fait plaisir…

Après le 20ème je sens que les choses vont bientôt se
compliquer…Quel devin!!! les 11H30 envisagées ns vont pas être
jouables.

A partir de là le calvaire commence,nausées, jambes lourdes raz le
bol…et là je me dis plus jamais ça…mais je m’étais juré que si le
genou tenait et que mes copines me foutaient la paix je ne marcherai
pas…
Allez on maintient 10 km/h bon ok 9,5km/h allllez va pour 9km/h mais
pas moins après c plus de la course.
Putain cette promenade est interminable,même après le 40ème km passé
je n’arrive pas à me réjouir tellement je veux que ça finisse je pense
que je suis autour de 12H10 alors je ne me presse pas pour essayer de
passer sous les 12H c mort!!!
Manque de lucidité car en fait je vais passer la ligne en 12H03.

Ca y est c’est fait je suis un Ironman bon la je commence à ne pas me
sentir bien les nausées continuent du coup je file à la croix rouge ou
je finis perfusé…

Voilà ce fut un belle aventure, mais je ne tiens à remercier personne
car je me suis fait tout seul…Mais non je déconne, cette aventure
n’est possible et surtout intéressante qu’avec le soutien de son
entourage proche et moins proche.
Dans les moments de souffrance ce sont vous tous qui m’avez
portés…Néanmoins je tiens à remercier particulièrement la femme de
ma vie Stéphanie ainsi qu’a mes filles Anaïs et Capucine qui ont fait
preuve d’un soutien sans faille toute cette année,Merci à David qui
m’a parfaitement suivi et m’a permis d’aller chercher un beau
chrono…Merci à mes potes d’entraînements…Merci à vous tous qui
nous avez suivi durant cette longue journée…et un merci tout spécial
à mon poto de toujours Steve qui m’a plus que porté ainsi qu’aux
Chalamotte (Cyril et Laure)

Si jamais nos récits vous donnent envie, alors lancez-vous, être
finisher à un ironman c possible pas besoin d’être un surhomme.

Retour Nice par Christophe
Le plus grand défi pour moi est peut être de s’inscrire, oser prétendre faire partie de ces fous, ces extraterrestres qui font 3.8km/180km/42.2km à la suite.

Il y a 3 ans quand avec mon ami Thierry, on s’est lancé dans le TRI, je me souviens :

-à la piscine, d’un maître-nageur navré me regardant à bout de souffle au bout de 50m de crawl.

-sur l’anneau, faire des sorties de près de 20km en VTT, acheter un vélo de course alors que je n’étais jamais monté sur un vélo de course et demander comment on change les vitesses !

J’avoue avoir du mal à croire que je vais faire partie de cette épreuve mythique dont j’entends parler depuis très longtemps avant même de pratiquer le triathlon avec le NST : l’IRONMAN

Le temps limite est de 16 heures et mes prévisions en fonction de l’Half de Troyes et de ma reconnaissance du parcours vélo au mois de mai m’amènent à 1h22 en natation, 8h26 en vélo et 6h00 en CAP avec les transitions cela fait un peu plus de 16h, ça va être chaud.

Lucide sur mon potentiel, je n’ai qu’un objectif : aller au bout de la distance, qu’importe le temps, ramener la “broloque” et devenir un Finisher.

Sans prise de risque, pas d’échec mais pas de victoire non plus.

Allez c’est le D day:

6h15 sortie du parc à vélo, je croise une dernière fois avant le départ Vanessa mon épouse qui a rendu possible cette journée extraordinaire. Cela a été loin d’être facile mais on a tenu. Je sens son soutien comme jamais je n’aurai pu l’imaginer.

6h25 départ dans l’eau d’une trentaine de professionnels.

6h30/0h00 sous une ambiance et une sono d’enfer, le départ est donné, plus de 2000 pingouins noirs avec un bonnet bleu ou rose se jettent dans la mer. Je me mets dans le sas des 1h22. Je décide de rester au milieu du flux, au contact toujours derrière un nageur, c’est plus physique mais cela évite de se désorienter et ça paye je sors en 1h23 en phase avec mes prévisions, je me sens bien, jusque là tout va bien.

Transition 1: on passe par le tapis bleu et sous l’arche d’arrivée que je ne peux m’empêcher de toucher. Je me change complètement et met mon cuissard, le vélo va être long mais là 15min il y a du temps à optimiser pour les prochaines courses.

Départ pour le parcours vélo de 180km, la sono est toujours à fond mais j’entends quelqu’un qui crie, qui hurle dans la foule “je t’aime mon amour”. En train de boire, je fais un signe avec mon bidon, je suis sure que c’est Vanessa, et vérification confirmée après course (oui, moi aussi).

J’ai fait la reconnaissance du parcours au mois de mai, rien ne sert de s’emballer cela va être long et usant, surtout dans les cotes pour ma part et il y en a des belles à venir.

20km de plat pour se chauffer puis on tourne à gauche et là tac 500m à plus de 10%, certains posent le pied à terre, au moins j’en aurai doubler quelques uns à vélo,

au 50eme km, on attaque les 20km du Col de l’Ecre, Charlotte me double avec un petit mot et disparaît rapidement, il reste André qui me doublera vers les 100km sans problème, ainsi que des centaines de concurrents. Le plus dure est fait … à vélo. Retour sur Nice en descente à partir du km 120. Je met 8h 29 pile dans les temps, jusque là tout va bien.

J’arrive sur la promenade des Anglais, Je commence la course à pied, je suis comme un fou, comme un gamin qui serait dans son film préféré : il y a des coureurs partout, une ambiance de folie. tout le monde acclame les coureurs par les prénoms indiqués sur les dossards : Allez Christophe! Go! Go! Christopher! Let’s go Chris, j’ai même droit à un “Go! Go! Nouguente” (version américaine ou espagnole de Allez Nogent!?)

Résultat je pars à plus de 10km/h pour le marathon, alors que j’ai prévu 7.5km/h en gros la version José en course à pied, je me calme rapidement.

il y a moins de monde, Je croise nos quatre killers: Greg, Alain, Damien et Thierry, et autant j’ai encore la banane autant là où ils en sont, ils portent le masque, ils sont dans le dur et ils ont 2 chouchous/tours de plus que moi, il est évident que cela va se durcir aussi pour moi, j’ai de plus en plus chaud, je bois à chaque ravitaillement un mix eau+coca , je mouille ma casquette sous les douches.

Je rattrape Philippe qui a un chouchou/tour de plus que moi, à l’arrêt en appui sur une barrière, Aye ça va mal, Philippe a mal au ventre et n’arrive pas à s’alimenter depuis ce matin. A regret, je dois laisser Philippe et continuer. Je croise Charlotte qui semble toujours aussi facile et André qui court aussi.

Le mari d’Agnes doit être là puisque Agnes court le long de la boucle, stressée, le visage marquée comme si elle faisait l’épreuve.

Point positif on est tous là, personne ne s’est blessé à vélo.

Demi-tour à l’aéroport et on revient vers la foule, Vanessa en robe rose, tongs et sac à main, court avec moi quelques dizaines de mètres et m’encourage. Cela fait du bien car cela se complique, les jambes ne répondent plus vraiment, je marche de plus en plus. Je dois m’arrêté aux toilettes. Je cours en comptant 3 lampadaires et je marche. il y a de moins en moins de coureurs, l’euphorie est loin et il faut continuer, un tour/chouchou de plus. Vanessa est toujours là et m’accompagne en courant, toujours en robe et sac à main! Le soleil se couche, il fait moins chaud.

Je ne suis pas dernier car des vélos sont encore arrivés quand je faisais mon premier tour, mais la plupart des concurrents restants en sont à leur quatrième tour pour bientôt aller sur le tapis bleu et passer sous l’arche d’arrivée.

Pour moi, c’est encore tout droit, il fait nuit, Vanessa est toujours là et m’encourage encore.

Je repart pour ma quatrième boucle, il reste quelques supporters au début, les services municipaux commencent à retirer les barrières , les ravitaillements de plusieurs tables se sont transformés en un carton retourné au sol avec quatre verres d’eau et une assiette de bananes. Je me retourne je ne vois plus de concurrents derrière moi, comme s’ils s’étaient arrêtés, n’avaient pas continué, avaient abandonné sans finir la distance.

Je ne sais si je suis encore lucide à ce moment mais cela me parait complément idiot d’arrêter à 10km de l’arrivée, d’avoir fait 216 sur 226km, je veux continuer, finir la distance même si ma performance est loin d’être enviable. J’avance et Damien me rejoint sur son vélo pour m’accompagner, cela fait du bien, rien d’extraordinaire en soit mais en discutant pendant que je marche, cela permettra de ne pas penser négativement. On arrive près de l’aéroport. Damien va voir les gars du staff qui sont en train de démonter la borne de temps de passage pendant que j’arrive. Ils ont déjà enlevé le fils au sol, alors le gars prend la borne-valise et me colle sur ma puce à la cheville : “Beep”,”c’est bon, votre temps est pris en compte”. On est au km 36.8 du marathon, maintenant c’est la dernière ligne droite, Damien reste à mes cotés, c’est vraiment sympa. Puis vers le 40ème km Thierry, est venu à pied à notre rencontre pour me supporter jusqu’à l’arrivée, Les barrières sont toutes en vrac, j’aperçois l’arche d’arrivée, le compteur est éteint, il n’y a plus personne. Qu’importe, je passe sous l’arche, j’ai fini la distance mais pas de temps officiel, je ne cache que cela est frustrant, mais ma joie d’avoir fini l’emporte. Mon temps est de 16h58:22s. Thierry discute avec les gars de l’organisation: j’ai droit à l’accolade avec un “You are an Ironman”, la médaille et le tee-shirt de Finisher.

Je n’arrive à croire ce que j’ai fait ce Dimanche 23 juin 2012: l’Ironman de Nice, même si j’ai mis plus de temps que prévu.

“Anything is possible”

Je souhaite à chaque triathlète de faire une fois un Ironman.

J’espère le refaire en 2015 en moins de 16 heures cette fois ci, 2014 sera l’année “Ironman” de Vanessa, chacun son tour 😉

Un Ironman ne peut se faire seul, sans le support d’un club, des entraîneurs, des amis, de la famille et de sa femme et les enfants.
Alors merci au club pour vos différents messages avant et après la course qui m’ont touchés.
Merci pour vos encouragements pendant la course à Agnés, Danielle, Stéphanie, Véronique, les fils d’André: Andrien et Pierre; et Céline bien-sûr.
Merci à Damien pour son soutien sans se rendre compte de son importance lors de la dernière boucle.
Merci à mon ami Loic pour sa patience que j’ai du saouler avec le triathlon.
Merci à mon ami Thierry sans qui je n’aurai certainement pas oser faire un pareil défi.
MERCI à Vanessa, ma femme, qui a supporté les heures d’entraînements et été extraordinaire ce dimanche.
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Christophe

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Une réponse à NICE 2013

  1. MANU dit :

    Felicitation André your an IRONMAN. merci de m’avoir protégé du vent et soutenu sur cette interminable marathon .
    Manu 2099

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