Marathon de Paris 2015 – Entre déception, soulagement, fierté et tristesse

Ce dimanche, comme 53.000 autres « imbéciles » et quelques NST, j’avais mon dossard pour le marathon de Paris !

C’était pas mon objectif de l’année mais je ne voulais pas faire une course ridicule non plus ! Après mon temps au semi de Paris, je voulais partir pour un objectif 3h30 ! C’est ambitieux mais sur un malentendu on ne sait jamais!

Comme d’habitude, je ne pars pas seul, Grego fais la course avec moi, on a le même objectif et Alex doit nous rejoindre à partir du 20ème pour nous tirer jusqu’au bout !

On rentre dans notre sas 3h45, que j’ai voulu changer au dernier moment mais il paraît qu’il faut un justificatif de résultats pour remonter de sas maintenant. C’est dans l’absolu une bonne chose, ça évite je pense d’avoir trop de touristes dans les sas plus rapide. La température est idéale, le ciel est dégagé, on va partir avec le début du sas 3h45 et voir jusqu’où nous mène cette aventure.

0-5Km : 4″51 au kilo – NIKEL ! La forme est là, ça trotte bien, les sensations sont bonnes !

5-10Km : 4″58 au kilo – On se régule un peu avec les premiers coups de culs mais qui passent tranquilou et bien que le dos commence à se crisper un peu (Déjà?!. pas bon… On chasse les mauvaises pensées vite, pour l’instant tout va bien)

10-15Km : 4″53 au kilo – On a croisé Marion et son père qui nous ont encouragé sur toute la route de la pyramide en vélo, c’est cool, ça motive !

15-20Km : 4″58 au kilo – Toujours sur le trait ! Le dos toujours crispé mais ça n’empire pas, avec un peu de chance, ça va tenir. Grego quant à lui a une douleur au mollet qui est apparu depuis le 17ème et qui ne veut pas partir… Ca sent pas bon pour lui.

20-25Km : 5″00 au kilo – Passage au semi en 1h44’20 PARFAIT ; On a récupéré Alex au ravito du 20ème mais on a perdu Grego 2 kilomètres plus loin… Ca fait mal au coeur mais contrairement au trail, j’ai un objectif temps en tête qui est à porté et je suis toujours bien donc je le plante là et Alex va essayer de me faire garder ce rythme sur cette deuxième moitié de course tant redoutée..

25-30Km : 5″15 au kilo – C’est dur, je ralenti dans les remontées des tunnels, les cuisses sont douloureuses mais je me fais surtout du souci pour mon dos qui commencent à me faire couiner. Avec quelqu’un à côté, ça permet d’oublier et de s’accrocher un peu plus. Il s’occupe des ravitos, je ne fais que passer la commande ;).

30-35Km : 5″45 au kilo – Le mur n’existe pas il paraît mais après 30Kilomètres, ça fait quand même mal ! Je marche un peu à tous les passages de KM mais je réussi encore à repartir. Le manque de sortie longue va se payer maintenant et ça va coûter cher !

35-40Km : 6″45 au kilo – C’est la fête du slip… Alex essaye de me forcer à ne marcher que par session d’1min et de repartir mais plus rien ne réponds… C’est impressionnant de voir à quelle vitesse le corps se décompose. Je chuchote à peine pour lui parler, j’ai des départs de crampes dans les deux jambes dans tous les muscles de la cheville à la cuisse. Grâce aux motivations d’Alex, je réussi à courir encore par session de 200m… A un moment, j’ai même réussi à lui demander une bouteille d’eau, à la prendre dans la main et à la rendre direct en disant que c’était trop lourd :)))))

40-42.195Km : 10″ au kilo – La dernière tentative de course sur 200m m’a été fatale, départ de crampe dans le mollet que je réussi à limiter rapidement, OUF, je finissais par terre sinon… C’est officiel, je vais devoir finir en marchant… Alex est écarté au niveau du rond-point en bas d’avenue Foch, un simple merci de ma part, j’ai pas la force de dire plus mais il sait qu’il m’a porté et que sans lui je n’aurais peut-être même pas fini !

Devant cette putain de ligne, je pense à Grego… Putain le con ! Pourquoi il est pas avec moi ! Je me dis que de son côté ça doit être encore pire, s’il a continué ou s’il a abandonné, à ce moment, je n’en sais rien et j’ai pas pris de tél donc je vais devoir rentrer pour le savoir.

Je franchis la ligne, je coupe la montre 3h58″23 très loin de mon objectif mais je m’en fous, j’ai tout donné.

Conclusion :

  • Déçu de ne pas avoir eu la caisse pour tenir l’allure après le 30ème, sachant que ma prépa était tournée sur le semi puis prolongée pour le marathon c’est pas étonnant non plus.
  • Soulagé de l’avoir fini parce que c’est quand même une sacrée épreuve et que je fais un classement qui correspond à mon profil AU MIYEU ! 6550/13065
  • Fier d’avoir tenu bien que mon corps ai encore essayé de me faire faux bond
  • Très triste de ne pas avoir franchi la ligne avec Greg et Alex !! J’aime partagé ces moments avec des cons comme moi !

J’ai déjà vu plein de très jolis temps sur Strava de certains membres du NST, on attends vos compte-rendus avec impatience et vos recettes secrètes pour ne pas s’effondrer au 30ème (Faire un don au Grand Gourou Skippy de la secte Richnou n’en est pas une, j’ai essayé)

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4 réponses à Marathon de Paris 2015 – Entre déception, soulagement, fierté et tristesse

  1. maximep dit :

    Encore une fois, c’était une femme qui a été la plus intelligente et qui a adopté la bonne stratégie pour avoir envie d’y retourner ;).

    Chapeau Vanessa ! Surtout si tu as réussi à courir aussi loin sans trop faiblir!

    @Will, tu t’es accroché, tu l’as fini et c’est tout ce qui compte 😉

    Si j’y retourne l’année prochaine ce sera uniquement en water boy à partir du 21 pour rendre la monnaie de sa pièce à Alex ET BOUFFER DES KEBABS après l’arrivée parce que passer devant les stands et n’avoir qu’un pauvre ticket de métro pour rentrer c’est inhumain !

  2. Levy dit :

    Ben laisse moi te dire que tu as été pas mal.
    Me concernant mon objectif officiel était 03h15 , sous la cape 3h10 Max.
    Même principe que toi pourtant après mon demi de nogent, emporte par ma fougue, je prolonge sur quatre semaines d’entraînement pour le marathon.
    Au dimanche matin , tous les voyants sont au vert. José la gazelle pompier de son état ayant accès au premier sas des bolides juste derrière les pros( ils sont petits en vrai , on dirait même frêles ) me convie avec lui.(erreur fatale)
    Sono a fond , top départ devant les caméras ,et c’est la folie, pour un marathon je suis en sprint . La descente ça aide mais bon au lieu de mes 4’30 , je suis en 4’10; sans ralentir le moins du monde je poursuis et ce jusqu’au bois de Vincennes. J’espère voir un peu de bleu mais niet . Là ,je reprends mes esprits et je me rapproche du tempo prévu à 4’20 mais pas trop.
    L’humilité qui devrait me rappeler ma première claque sur un marathon en décembre dernier n’a aucune prise. Je continue sur de moi .
    Passage du demi 1h30 . La une alarme intérieure me dit tu devais passer en 01h34 . Tu vas le payer . Du coup je me cales enfin sur mon 4’30.
    Et je vois alors passer Tom ( vous savez le fada en VTT fixe décath sur les multi raids). Tout pimpant avec le meneur des « 3h ». Il me dit vient suis moi. Il est encore accompagné de elfie qui veut faire une vingtaine de kilos en l’accompagnant pour le plaisir. ( les djeun’s peur de rien). Et la je fais mon malin. Et je lui dis « pas de soucis , je gère ma course en bon triathlete ( tu parles ).
    Km25 a 30. On m’avait dit que les rampes et les tunnels seraient le moment de vérité , et bien c’est vrai. Sans prévenir mes quadriceps se sont mués en deux morceaux de bois plongeant mon rythme course dans les abysses mais peu importe je sors ma calculette au 30kms en 2h16 et je me dis aller 12bornes 1h et tu seras presque dans ton temps .quel âne je fais. Entre le 31 et le 32 je trouve Tom sur le bas côté mal en point ses hanches refusant d’aller plus loin. Moi je cours désormais par intermittence . Je l’encourage mais son corps plus raisonnable que sa volonté lui interdit tout pas de plus.
    Mon corps semble sur la même longueur d’onde et décide de lancer quelques crampes ignobles partant du talon , une nouveauté pour moi mais je résiste. Alors c’est l’étape supérieure et mes jambes deviennent définitivement raides. Seule la marche passe.( une reconversion à envisager peu être) et surtout un nombre incalculable de coureurs qui courent eux. Qu’y puis-je? Je baisse pavillon et finis le bois de boubou en randonnée active. Enfin la Porte Dauphine et beaucoup de monde. Alors je me relance pour finir en courant pour les photos mais le sportif que je suis n’a pas le sourire.
    Punaise le pire dans tout ça c’est l’après , ne pas réussir à enjamber un grillage de 40cm, n’y pouvoir enfiler son pantalon sans déclencher une crampe et les escaliers dans le RER . Y’en a qui ont du rire derrière leur vidéo surveillance.
    Conclusion: le marathon c’est pour les autres

  3. Vanessa dit :

    Je rebondi sur ton super retour d’expérience Maxime pour partager le mien 🙂
    Voici un compte rendu de mon tout premier marathon.

    J-3 : découverte des joies du malto. L’impression de prendre 10kg à chaque gourde mais c’est pour la bonne cause !
    J-1: mon camelback me lâche.
    C’est la crise. Je sais pertinemment qu’il n’est pas obligatoire sur un marathon mais l’idée de partir sans réserves ( eau + thé vert + citron + miel = potion magique by André) me paraît inconcevable.
    Jour J : l’apothéose
    8h : Arrivée dans le sas , les informations diffusées en espagnol, anglais allemand et français me font prendre conscience de l’envergure de l’événement.
    9h30 : le départ est donné. Je suis surprise par le rythme très lent qu’adopte mon peloton. Je décide de rester calée sur ma montre à 5min35.
    Le semi :
    Tout va bien. Je mange tout les 5km, je bois une gorgée chaque kilomètre. Au passage du semi mon moral tient bon.
    Le mur des 30km:
    Pas de sensation de mur pour moi à cette étape. J’apprécie les ravitaillements supplémentaires, le rafraîchissement des pompiers de Paris et les effets « boîte de nuit » dans les tunnels. La blague du passage « physique » du mur est sympa aussi.
    35km:
    Je commence à compter les kilomètres. Je continue à correctement m’alimenter et boire. Au cardio tout va bien mais mes jambes me font perdre 10s au chrono/km.
    Mon mur des 40km:
    Passé les 40km les jambes commencent vraiment à me lâcher. Je marche et perds le meneur d’allure. Mon moral prend sérieusement un coup. Je décide d’utiliser la musique comme dopant naturel.
    41km:
    La musique ça fonctionne bien mais ça fonctionne un temps. Je m’arrête. Je suis à deux doigts de craquer. C’est à cet instant qu’une coureuse américaine croise mon chemin et me vient en aide. Elle me rebooste, ses mots font repartir la machine.
    800m :
    Et surtout ces foutus 195m qui se dévoilent après un dernier virage sur l’avenue Foch. C’est LE moment de tout donner. J’accélère comme je peux. Je ne comprends pas d’où vient ce reste d’énergie mais j’y vais.

    Le finish:
    Ça y est j’ai franchi la ligne. J’ai réussi. C’est beaucoup d’émotion et je craque. La présence de ma famille sur l’arrivée est ma plus belle récompense.

    J+2
    Je peux remarcher mais j’ai toujours l’air d’un robot. Malgré mes 4h30 je suis fière de mon parcours. J’aurai pu m’entraîner mieux et surtout plus mais je n’ai aucun regret. J’ai passé ces derniers mois à essayer de trouver un compromis entre vie professionnelle, personnelle et entraînements. Cela m’a permis d’accomplir le plus gros challenge de mon année.
    Je n’ai qu’une envie, recommencer… Dès demain en m’inscrivant pour l’édition 2016!

    Merci pour vos petits conseils et votre soutien. C’est ce que je recherchais en venant au NST.

  4. Titi dit :

    Bravo à tous pour vos temps et peu importe si vous les estimez bons ou mauvais, fallait le faire, terminer et maintenant récupérer. De toute façon un sportif n’est jamais content et c’est aussi ce qui le fait avancer…

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