Half Aix en Provence by Eric Forestier

Après 20 ans de rugby, puis 4 de water-polo, quelques triathlons « courte distance » récemment achevés honorablement en « candidat libre », et quelques moments d’errance et de solitude à nager, rouler et courir seul, il était temps pour moi, à 43 ans, de savoir si j’aurais la patience, l’envie constante, les ressources morales et les capacités physiques de finir un half Ironman, objectif à peine dissimulé après avoir vu une affiche de l’épreuve plaquée sur les murs d’Aix en Provence au cours du printemps 2014.

Afin de le savoir, il me fallait un cadre, une structure, une organisation, des directives, des entraineurs, un collectif, bref, un club, en l’occurrence, le Nogent Solidarité Triathlon (NST).

Repartant de zéro, ou presque, je me réjouissais de pouvoir retrouver à nouveau, à mon âge, ces parfums d’école où chaque jour est une découverte autant qu’une quête de soi.

L’obtention de ma licence, en septembre 2014, et l’inscription au half Ironman d’Aix en Provence, furent concomitantes ; au moins, l’objectif était connu de longue date.

Huit mois pour se préparer à cette épreuve en y consacrant une part non négligeable de mon temps libre, c’est à dire entre 5 et 8 heures par semaine.

Voici comment elle s’est déroulée.

  1. J-1. Samedi 2 mai : veille de la course

Samedi matin : je déambule paisiblement sur le cours Mirabeau (artère la plus touristique de la ville d’Aix en Provence) ou le label « Ironman » a installé son éphémère siège social autant que ses caravanes publicitaires.

Les athlètes de tous pays viennent récupérer leurs puces et solliciter le port à leur poignet de ce joli bracelet bleu de nouveau-né : « vous le gardez jusqu’à demain soir ; c’est votre puce, si vous le perdez, vous ne pourrez pas prendre le départ ».

Les triathlètes sont toujours à l’affût de la dernière trouvaille technologique, technique, vestimentaire ou euphorisante ; gros consommateurs de matériels et produits en tous genres, le cours se transforme en galerie marchande où toutes les langues se mélangent, sorte de Tour de Babel horizontale pour sportifs accro à l’effort.

Une chose me frappe : la plupart d’entre eux sont très affutés, la peau très lisse, sans ride, sans poil, une peau aussi tendue qu’une toile cirée.

Avec mon look d’étudiant italien épris de romantisme (jean, chemise blanche à manches longues, chaussures en daim marron), je dénote dans l’assemblée où chacun arbore déjà les couleurs de son club ou de son pays.

Après avoir arpenté le cours en long, en large mais pas encore en travers (ce sera pour demain, lors de la course à pied), je quitte mes coreligionnaires pour regagner mon berceau familial où m’attend le 25ème plat de pâtes de la semaine ; j’en salive d’avance.

Une fois celui-ci difficilement avalé, je me rends au lac de Peyrolles, lieu de départ de la course où nichent le parc à vélo et le plan d’eau.

Sur place, mon regard d’enfant se fixe sur les vélos d’un autre monde qui garnissent le parc; un Toys’ R us géant pour adultes où patientent des machines de guerre entretenues et adorées comme le Saint Suaire, mélange de planeur, d’ULM et de mobylette ; avec mon vélo Lapierre du dimanche, je me sens légèrement en décalage ; quelques caméras se déplacent au gré des mouvements d’un allemand impassible et visiblement déjà dans sa course ; la rigueur allemande n’est certes pas sexy mais souvent annonciatrice de succès ; plus tard, j’apprendrai que ledit allemand pas drôle est le champion du monde en titre de la discipline…même pas peur ; il en faut pour tous les goûts, tous les âges, tous les niveaux ; c’est bien qu’il y ait des gens comme moi pour permettre à des gens comme lui de briller.

Je dépose mon vélo précédemment révisé avec soin par mon copain Frédéric, lui-même cycliste chevronné et mécano avisé, vérifie la pression de mes pneus avec la maniaquerie d’un philatéliste retraité et prend congé de mes amis d’un jour ; l’ambiance est bon enfant mais studieuse; en ce qui me concerne, le curseur est monté d’un cran ; je suis dedans ; déjà ; certainement trop tôt, mais c’est comme ça, il faut faire avec ; j’ai connu des avant-matches de rugby plus sereins ; on a peur que de ce que l’on ne connaît pas…

En soirée, les rues d’Aix sont remplies de nouveaux nés aux bracelets bleus qui flânent ici et là, à la recherche d’un peu de reconnaissance, de quelques regard admiratifs, de quiétude, d’instants fraternels ou, plus simplement, de nuages fugaces ; concentration, séduction, évasion, détermination…chacun à sa sauce ; la mienne, ce sera bolognaise, c’est encore ce qu’il y a de plus digeste pour accompagner mon 26ème plat de pâtes de la semaine.

Coucher à 22 heures ; demain, y’a sport version longue durée. Les yeux se ferment rapidement avec le trac de celui qui doute ; surtout de mon niveau à vélo, dès lors que, sur les 10 sorties collectives du dimanche matin que j’ai effectuées depuis le mois de septembre 2014, je n’en ai pas terminé une seule en peloton ; toujours largué…largué dès la première côte, dès la première accélération, dès les premiers frissons ; du coup, au mois de mars 2015, j’ai stoppé l’humiliation des séances collectives pour n’effectuer que des sorties en mode solo et des séances de home trainer dans mon garage, face à mes outils de jardin, entre ma tondeuse à gazon et mes botes de campagne Aigle ; je crains autant mon niveau que le parcours ; surtout pas de défaillances, pas de crevaisons, pas de problèmes techniques.

Je me rassure comme je peux en me disant que, même si je ne suis ni nageur, ni cycliste, ni coureur, les 5 à 8 heures d’entrainement par semaine depuis 5/6 mois doivent tout de même m’aider à franchir dignement la somme d’obstacles qui se dressent devant moi ; si Hercule l’a fait sans avoir été licencié au NST, alors je peux le faire…

Mes proches me trouvent amaigri…je prends cette remarque comme un élément rassurant sur ma condition physique ; vérification faite, la balance marque 80 kg, mon poids de forme.

Un rapide calcul me permet d’envisager, dans un élan d’optimisme peut-être exempt de lucidité, une course bouclée en 5h59’59’’…

Au délai du temps, l’essentiel est de prendre du plaisir et d’en donner à ceux qui sont venus me supporter.

  1. Jour J. Dimanche 3 mai : jour de la course

5 heures : réveil en douceur ; quoique courte, la nuit a été bonne.

Il fait encore nuit dehors mais, dans ma tête, c’est le grand jour.

J’avale tant bien que mal mon 27ème plat de pâtes avec un sourire niaiseux car je me dis qu’il marque l’épilogue d’un cycle gastronomique d’une rare platitude.

Je colle mes tatouages d’un jour sur mes épaule et mollet gauches, vérifie une dernière fois mes affaires, prépare mes potions magiques Gauloises censées m’éviter toutes fringales, gave mes poches de barres et gels en tous genres, réveille mon fils aîné qui a manifesté son envie de « venir voir la baston dans l’eau au départ », puis file vers le lac de Peyrolles, lieu de toutes les attentes, en espérant qu’il ne se transforme pas en lieu de perdition.

6 heures : le parc à vélos grouille d’hommes grenouilles qui s’affairent une dernière fois autour de leurs machines ; au loin, on entend une musique électronique qui bastonne et fait se trémousser certains ; d’autres ont déjà le masque, le mien est tombé depuis bien longtemps.

7 heures : le parc à vélos se vide de ces derniers éléments ; direction la zone de départ de la nage, à 300 mètres de là ; les familles suivent le plus valeureux de leurs membres, appareil photo et téléphone portable suspendus en l’air comme un vol de cigognes.

Les pros et les femmes, bonnets jaunes et roses, s’élanceront sur le plan d’eau en 1er, à 7 h 30, puis s’enchaineront l’ensemble des catégories, 20/25, 25/30 etc…

Mon départ (catégorie 44/50) est fixé à 8h20, juste ce qu’il me faut de temps pour cogiter ; j’ai suivi des séances d’entrainement hivernales au cours desquelles la température de l’air était proche de 0, celle de l’eau étant constante (environ 24 °C); ce matin, l’air comme l’eau sont à 15°C ; au dernier test chrono effectué par Olivier en piscine, j’ai nagé le 1000 m en 17’40’’; pas de quoi pavoiser mais pas de quoi paniquer non plus ; je crains plus le froid et les écueils provoqués par la meute déchainée que la distance proprement dite.

8 h 15 : ma catégorie d’âge est appelée (bonnet bleu) à se présenter dans le sas de départ ; bonne prise de tension avant une bonne prise de tête ; autour de moi, on parle anglais, italien, batave, allemand, suisse et un peu français ; le ciel se dégage, les rayons du soleil tracent sur l’eau le chemin à suivre ; une boucle de 1900m ; je laisse les fous furieux se placer en première ligne, préférant une position plus attentiste mais non moins ambitieuse ; objectif : 35 mn.

8 h 20 : Top départ ; l’écume formée par les bons élèves du premier rang m’empêche de voir à plus de 50 cm ; je nage sur certains mecs qui me le rendent bien ; j’aime bien le contact, même en milieu aquatique, c’est à dire, en l’état, hostile ; un filet d’eau glacial pénètre ma combinaison et glisse le long de mon dos, achevant de couper une respiration déjà courte et haletante ; je cherche mon second souffle, n’ayant pas pu jouir paisiblement du premier ; je ne parviens pas à m’étendre et dois me contenter d’une nage d’attente en brasse ; je perds (déjà) du temps, le temps d’y voir quelque chose et de marquer mon territoire ; les intellos du premier rang sont déjà loin, les cancres, restés collés au radiateur de fond de classe, sont encore derrière moi ; je suis donc à ma place, comme à l’école élémentaire, entre deux niveaux, ni bon ni mauvais, en mode « a du potentiel, peut mieux faire » ; c’est toujours mieux que « pas terrible mais, pour lui, c’est déjà bien ».

Comme le loup dans la meute, je trouve finalement ma place, me cale dans l’écume et reviens sur quelques-uns de mes condisciples en mode « j’envoie un peu, on ferra les comptes plus tard ».

A 1500 m, le froid me prend les tempes et verrouille mes épaules, mais la ligne d’arrivée est en vue ; je n’ai pas regardé ma montre une seule fois en nageant et ne sais donc pas à quel niveau je me situe ; une fois le pied posé à terre, je constate qu’un nombre significatif de gars est resté derrière moi mais suppute sans mal qu’un nombre encore plus grand est devant : je regarde ma montre : 35 mn : pas mal au regard des tergiversations du départ.

Le chemin pour rallier le parc à vélos est long, environ 300 mètres ; les encouragements de mes proches valent tous les gels de la terre ; la transition est bonne ; je sors mon vélo « Motobécane » de son immobilisme et l’enfourne rageusement pour une petite virée printanière autour de la Saint Victoire ; objectif : 3 heures.

Le début du parcours est assez roulant ; je fais chauffer la machine et roule rapidement à 35 km /h, sans réel effort ; peu de coureurs me doublent, trop conscients de ce qui les attendent par la suite.

Un petit groupe se forme en respectant les distances réglementaires : une mosaïque de pays le compose : Afrique du sud, Irlande, Etats-Unis, Allemagne Russie, Colombie, Belgique : le label Ironman, gage d’œcuménisme.

Ce peloton cyclotouriste du dimanche matin se dissipe rapidement avec les premières difficultés : un faux plat montant très long, puis une succession de « coups de culs »; en ce qui me concerne, qui dit pourcentage en hausse, dit sortie conjuguée du rétro parachute et du frein à main ; à cet instant précis, je mouline sans mal et attends que ça passe.

Quelques bolides profilés me doublent et me font sourire ; je suis bien, il fait beau, j’y suis, je discute un instant avec une fille « coming from Boston » qui est dans le dur, puis avec un triathlète du club de Créteil, je prends tout ce qui se présente à moi et m’en contente ; mon allure est digne de celle des autres concurrents, au contraire de celle qui m’a si souvent humiliée le dimanche matin…dès la côte de Chennevières.

Suis-je pour autant devenu un cycliste ? Certes non, le miracle, plus qu’ailleurs, n’existe pas en sport ; je me dis alors que les mecs gèrent leur effort, ce que je fais également mais sans oublier néanmoins d’appuyer sur les pédales.

Les kilomètres défilent et, étonnamment, je suis toujours bien ; mal nulle part ; ni aux jambes, ni au cul, ni à la tête ; revenu sur le plat, je prends la roue (ou presque) d’un coureur espagnol qui, à son tour, prend la mienne (si tant est que l’on puisse « prendre une roue » en respectant une distance de 10 m avec le coureur de devant) ; je regarde mon compteur : incrédule, il affiche 45 km/h ; je m’assure que le paysage qui m’entoure n’est pas celui de Lourdes…jusqu’à maintenant, pas de crevaison, pas de chute, pas de défaillance, pas d’ennui mécanique et, à vrai dire, beaucoup de plaisir.

Au kilomètre 70 surgit la difficulté la plus sérieuse du parcours : un col d’une longueur de 2,4 km à fort dénivelé (jusqu’à 14%), autant dire, pour moi, quelque chose qui ressemble à l’Himalaya à gravir sur les mains.

Ma vitesse chute de 35 à 12km/h ; à gauche toute ! Je mouline pendant 15 mn ; les parties découvertes de mon corps sont données en pâture à un soleil généreux et sans pitié qui, en plus de faire rougir mes bras dégarnis, fait ruisseler de grosses gouttes d’acide sur mon front qui viennent se nicher dans mes yeux ; je transpire comme un bœuf et, aveuglé par instant, ne distingue qu’avec parcimonie les contours de la route ; je sais qu’une fois arrivé en haut du col, la suite du parcours aura des allures de long fleuve presque tranquille ; les encouragements de Jérôme, mon beauf, « trailer » de haut niveau, me font un bien fou ; surgit enfin la cime du col de Cengle qui n’a rien d’un Mont de Vénus…s’en suit, une descente plein gaz à 60 km/h vers Aix en Provence.

Dans la descente, je ne peux résister au plaisir de pousser un cri de sioux déchainé…je savoure.

A cet instant, je sais que mon pari est (presque) gagné mais si je n’oublie pas qu’un « triathlon commence réellement dès l’instant où l’on chausse ses chaussures de running ».

L’arrivé en centre-ville a des allures de kermesse royale ; du monde, du bruit de partout, la ville toute entière s’est mise au diapason ; je balance mon vélo à un membre du staff qui se charge d’en prendre soin, cours comme un débile sur 50 m avec mes chaussures de vélo, c’est à dire, en réalité, avec des tongs savonneuses, puis enfile mes pompes de running ; je regarde ma montre : parcours vélo effectué en 3H01 et 3h45 d’effort cumulé depuis le départ.

Si je veux finir la course en moins de 6 heures, je dois courir le semi, constitué de 4 boucles en ville, en moins de 2 h 15 ; objectif a priori réaliste dès lors que j’ai couru mon dernier semi en 1 h 41 ; en toute logique, la barre des 6 h ne sera pas dépassée. Oui mais voilà, la logique a ses raisons que le triathlon ignore ; objectif : 2 h 10.

Le parcours est cassant, peu de plat mais une succession de montées et de descentes : le calvaire commence.

Le rythme de ceux qui bouclent leur 1er, 2nd ou 3ème tour est étonnamment lent ; je me mets alors au diapason mais constate rapidement que le corps souffre ; le premier tour est bouclé en 33 mn, ce qui est convenable ; le second me conduit aux portes de l’enfer ; je n’avance plus ; j’ai des irritations sous les bras et ne supporte plus le frottement ; je suis contraint de courir comme un débile avec les bras exagérément écartés du corps ; j’ai dû déposer mes lunettes car la sueur a brulé mes yeux ; je cours d’un œil, en alternant le gauche et le droit ; je ressens une gêne au niveau de l’aine ; mon tendon d’Achille opéré il y a deux ans se remet à siffler ; mon estomac est en vrac, faute d’avoir reçu un mélange adéquat de boissons diverses censées me faire du bien; je manque de vomir en avalant une barre énergisante ; pour couronner le tout, il se met à faire très chaud ; or, la chaleur n’est pas vraiment mon amie ; bref, c’est l’extase absolu.

Dès lors, pas d’autre choix que de marcher quelques instants pour se remettre la tête à l’endroit, je ne parle pas du corps, il m’a laissé tomber ; un mec me dépasse et me réconforte en me disant que la marche, ça fait partie de la course ; en effet, je constate que beaucoup de coureurs récupèrent en marchant, surtout dans les zones de montées, et prennent leur temps aux ravitaillements.

Maxime (membre du NST dont je ne connais pas le nom de famille) me dépasse à son tour et, d’un air fringuant, me demande comment je me sens : à l’évidence, mal ; il finira dans un excellent temps.

Ma montre m’indique que la barrière des 6 heures se rapproche ; j’ai mal partout et tire la gueule à chaque montée ; déjà fébrile, Laurence, ma belle-sœur, la femme du trailer de haut niveau susvisé, manque de me faire chialer en me gueulant « pense à ta femme et tes enfants à l’arrivée… » ; Problème de taille : l’arrivée, c’est dans 10 km.

En descendant le cours Mirabeau, l’ambiance est incroyable ; ça crie de partout, de tous les côtés, en toutes les langues ; mon cœur fait plus de bruit que toutes les cymbales du carnaval ; je guette ma famille qui me hurle dessus.

J’ai tellement chaud que je rêve d’une boisson froide sans bulle, sans sucres, sans rien ; j’aperçois une fontaine qui laisse déborder ses eaux fraîches et transparentes ; à l’affût du moindre rafraichissement, je me jette la tête la première dans le bassin ; évaluant mal sa profondeur, en réalité faible, mon front en heurte le fond ; je repars en titubant encore plus ; il manque une légende sous le dessin : « le dimanche, Pierre Richard s’initie à l’effort longue durée ».

Le dernier tour est un cauchemar absolu : plus de gaz, plus de jambes ; je me sens aussi creux qu’un vieux tronc d’arbre gisant sur le sol ; seul le mental guide mes pas ; je dis adieu à mon objectif second (le premier étant de prendre du plaisir sur une épreuve que je découvre sans aucune référence) : finir sous les 6 heures.

Je marche, je trottine, je marche, je gueule, je marche, je trottine.

Enfin, j’aperçois mon fils venu à ma rencontre ; il court avec moi quelques mètres ; à cet instant, je sais que la délivrance est proche ; le speaker crie mon nom ; plus que 300 mètres ; je lève les bras et me délecte de tous ces regards qui se tournent vers moi, de cette ferveur qui n’a pas faibli depuis deux heures, depuis l’arrivée du vainqueur, l’allemand pas drôle du parc à vélo avec son casque de martien et son menton prognathe.

A peine franchi la ligne d’arrivée, je reste prostré trois bonnes minutes accoudé sur la balustrade, seul, à chercher un souffle qui m’a quitté dès la fin du parcours vélo ; je suis à la fois heureux, soulagé, fier et déçu de n’avoir pas fini en moins de 6 heures ; ces 8 minutes de trop constitueront un bon prétexte pour revenir et faire mieux après avoir tiré les enseignements de toutes les erreurs de débutant commises.

Mes enfants arrivent et m’arrachent quelques larmes qui mettront quelques minutes à se dissiper; je m’en fous ; maintenant, je peux me lâcher ; je l’ai fait…en 6h08.

Je me satisfais de ce temps sans doute moyen qui me classe 1300ème sur 2500 participants et 159ème de ma catégorie sur 250 qui ont fini la course (20 abandons dans ma catégorie).

J’offre ma médaille à mon fils cadet, mes confidences à ma fille, mon tee-shirt « Finisher » à mon pote, mes désillusions à sa femme, mes illusions perdues à la mienne, mes ambitions intactes au NST et ne conserve pour moi que les meilleurs souvenirs de cette matinée d’une densité et d’une variété d’émotions rares.

J’ai achevé ce triathlon longue distance, ce qui ne fait sans doute pas encore de moi un triathlète mais seulement, pour l’heure, un homme respectueux de ses ambitions.

Merci à ma femme et mes trois enfants.

Merci à Olivier (piscine NST) et Frédéric (piste NST).

Merci au NST.

Merci à Frédéric.

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5 réponses à Half Aix en Provence by Eric Forestier

  1. JL Velez dit :

    Ou ah…quel récit…on est totalement dedans avec toi…bravo !!!

  2. juju dit :

    Salut on se connait pas mais en tournant sur les recits de futurs triathlètes parisiens en vue du cd de paris…je te dis bravo…on se croisera peut être sur Paris!!!! mon dossard est pas loin du tien!
    Beau courage!

  3. MaxTac dit :

    Bravo Eric !

    Récit tout en émotions et c’est ce qu’on aime lire aussi !! Bravo pour ta nat (qui de mon point de vue est bien meilleure que « pas mal »). Bravo pour le vélo aussi !

    Pour la CAP, j’ai jamais fait de long en triathlon mais sur ma petite expérience du trail ou de la CAP, j’ai aussi connu ce sentiment ou plus rien ne marche et on se dit qu’on arrivera jamais. Mais tu as tenu et c’est ce qui compte !!! Ca fait de l’expérience.

    Alors chapeau l’artiste et à très vite sur la piste pour la récup OU PAS !

  4. Robin dit :

    Bravo Eric !!!!
    Beau chrono, belle gestion, au prochain Half, la nutrition et la CAP passeront mieux. Le semi d’Aix est vraiment difficile, il faut être frais pour bien l’aborder, donc avoir des kilomètres de vélo et de côtes dans les jambes.
    J’aurais aimé courir ce tri avec toi mais je me reposais lâchement du marathon de Paris!
    Bonne récup maintenant, tu l’as bien mérité.
    Robin

  5. Titi dit :

    Génial Eric, émotions au RdV, triple efforts, souffrance mais que du bonheur. On est tous passé par là, moi le 1er et je me revois bien dans les détails de ta CAP, PU… de course, la breloque à l’arrivée. Garde les points positifs de cette course fantastique et difficile.
    Et oui le triathlon commence toujours à la CAP…

    Change rien sur tes prochaines aventures…

    Tu l’as fait !!!! (et peu importe le temps… accessoire quand tu le referas et tu passeras sous les 6h)

Les commentaires sont fermés.