André et son Altriman

2ème tentative, certes encore ratée, mais avec une participation qui me satisfait.

Objectifs : Nat <2h, Vélo ~10h ‘soit 20km/h de moyenne et le reste pour le Marathon soit 6h  + les transitions et ravitos soit 1/2h

L’année précédente, avec une eau froide (12°) et une obscurité parfaite due à une météo couverte, j’étais sorti de l’eau hors délai.

Cette année, après une meilleure préparation vestimentaire (cagoule & veste sans manche en néoprène 2mm) + un travail psycho sur la natation dans le noir, les conditions météos du départ de natation n’avaient rien à voir : eau annoncée à 18° et jour se levant grâce à un ciel dégagé.

Bien que je sois parti dans la meute, comme d’habitude au bout de 500m je me retrouve en dernière position avec le canoë de clôture. Celui-ci m’a été très utile pour corriger la trajectoire car ….. Malheureusement dès la 1ère 1/2h, le Carcanet (langue de brouillard avançant sur le lac) s’en est mêlé impliquant une neutralisation de l’épreuve de Nat !

Spectacle insolite, plus personne ne se voyait dans une brume gris clair. Même avec ‘mon’ canoë nous nous perdions de vue : bilan 2267m de réalisé, pour 1950m théorique, en 57 :13.

Pendant cette 1ère et unique boucle, des appels retentissaient, tant par les participants que par les cayakistes.

A la sortie de l’eau, j’ai eu l’honneur d’être interviewer sur le « monstre du Loch Ness ».

Objectif des organisateurs : récupérer tout le monde (dont le 162 qui est resté 1 h dans l’eau avant d’être retrouvé)

Pour cela, l’organisation nous avait demandé de nous placer devant nos vélos respectifs afin de vérifier les présents et d’identifier les n° manquants, le tout dans un silence impressionnant !!!

Ensuite, afin de faciliter la sortie du parc vélo, elle nous a soumis par vote 2 propositions :

–          750m de natation ‘sécurisée’,

–          1km de CAP

Après comptage des voix, nous partons pour la CAP, avec un arrêt ‘toilette’ pour moi. (coup de chance avant le départ en vélo)

C’est parti pour le gros morceau de bravoure annoncé de 196km et 4700m de D+…

Première montée facile en prenant de la hauteur en gardant le lac, et son brouillard, main droite vers le col de Quillane, court et peu pentu (4-5% sur 2-3km), on rebascule après une courte descente vers la gauche pour attaquer le col de la Llose, plus pentu mais encore court (7-8% sur 2-3km) toujours sur un bitume excellent. Arrivée au col de Llose, la descente est en revanche pas terrible (route étroite, sinueuse et avec des gravillons a plusieurs endroits). Cette descente tout comme la montée qui suit sur le col de Creu sont hyper sauvages, c’est tout simplement magnifique avec des petits villages perdus accrochés à flanc de montagne sur des pentes entrecoupées de rochers découpés et de forêts en équilibre… C’est long (une bonne douzaine de kilomètres) et ça monte de plus en plus fort (7-8% de moyenne, avec plusieurs rampes à plus de 10% sur les 5 derniers kilomètres). La chaleur se fait sentir.

Une belle descente bien propre avec des pointes à plus de 60, nous ramène prés du lac, on repart vers le nord sur un parcours de faux plat descendant excepté le col des Hares court et peu pentu (environ 4km à 3-4%, monté grosse plaque). Une déviation sur une route un peu pourrie quelques centaines de mètres nous permet d’éviter le marché de Formigueres.

Début de la montée sur Mijanes (3-4 km à 8-9%), Mijanes km68 est la première barrière horaire vélo….. pffff, c’est pas passé loin et il y a quand même encore des vélos derrière moi entre les quelques sorties du parc après moi et ceux que j’ai doublés depuis le départ. Là les choses sérieuses commencent, 11km à 8.2% de moyenne pour le port de Pailheres culminant à 2001m et une pente qui se raidit de plus en plus au fur et a mesure que l’on monte…

6-7km descente et l’on repart pour la lente ascension du col de la Chioula environ 5km à 7-8%.

Ensuite c’est enchainement de presque 20 km de légère descente, c’est agréable, facile et ça permet de bien récupérer des points de vie dans des paysages toujours jolis. Après cette longue descente, on attaque la remontée sur le plateau de Sault par un sacré coup de cul de 2km à 11-12% qui nous rappelle bien pourquoi on est venu… ça pique, je monte une partie en danseuse. Puis une dizaine de kilomètres de faux plats (enfin en dessous de 4%, c’est plat maintenant)… plusieurs petits panneaux de cols passent … col de Garvanel, col des « sept frères » … puis une autre longue descente très facile avec beaucoup de visibilité et une route très propre où j’atteins plusieurs fois les 60km/h, puis c’est à nouveau une grosse montée avec 4-5 km à 9-10%, je regarde par moment ma cassette arrière pour voir si par hasard j’aurais pas oublié des dents…

Les jambes sont lourdes. La pente se calme un peu pour les 5-6 km suivants avec des pentes autour de 6%.

Quelques kilomètres de descente et je monte Carcanières. Un ravito au pied de la fameuse montée permet de prendre quelques min pour s’alimenter et reprendre un peu de souffle.

Bien que nous en soyons conscients, on nous annonce que la barrière temps en fin de vélo est inaccessible ! Les 1er à l’apprendre l’ont découvert à qq mn près,  et cela a gueulé au niveau du parc à vélo. La barrière temps n’a pas été recalée en fonction des évènements du matin.

Rassurez-vous, pour ma part, cela ne changeait rien.

Puis on attaque, la pente est très forte et la route très étroite empêchant de slalomer sur la largeur, mais j’arrive à monter pas si mal. On se motive avec le compagnon cycliste.

Sur le sol est écrit « Les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais », j’apprécie la touche d’humour… Le panneau du village est là et je crois que c’est la fin de cette pente autour de 12-13% sur 2km, je suis content. Un bénévole à l’entrée du village nous dit même, « allez bravo, c’est de la descente maintenant », 100m de traversée de village puis un mur sur environ 300-400m, je ne peux pas m’empêcher de jurer « oh le con, de la descente je t’en foutrais »… la pente doit faire 17-18%, heureusement cette fois la route est large des fois que nous ‘titubions’. Cà monte encore fort sur environ 1km (autour de 10%), puis on attaque le col des Hares, dernier col du parcours, 5-6km à 6-7%, ça parait presque facile après la montée précédente. C’est long, puis enfin le col est là !

Après avoir franchi toutes les difficultés,  j’ai posé pied à terre pour monter dans la voiture balai.

J’ai arrêté à 20 km, avant la dernière descente gravillonnée de 10km pour éviter la prise de risques,  et les10km de liaison finale sans intérêt surtout lorsque la barrière horaire est passée.

Le marathon était jouable par rapport au temps total. Nous, les derniers, avant abandon, avons imaginé forcer la barrière pour  le « prouver ». Mais en montant dans la camionnette,  le choix était fait ! Mes 2 compagnons de route, quant à eux, ont été jusqu’au bout.

En final, je suis content de ma journée et de ma décision que j’estime lucide. Lucide ! Ce qui est pas mal après tous ces efforts.

Ma femme, Pascale, et mon dernier, Antoine, me voient arriver dans la voiture balai : fin du suspens pour eux, 11h30 après le départ et 1h30 à me guetter !

La quête de la polaire « Finisher » s’arrête là car le chrono des âges ne joue pas en ma faveur. Je compte sur les plus jeunes pour relever ce défi sur cette course magnifique

André

Quelques chiffres :

250 inscrits
236 Partants
182 arrivants
1 tandem Hors Course MAIS qui a fini !
1 Disqualifié !
18 Finisher en vélo mais Hors délais
34 Non finisher en vélo dont André qui a abandonné le dernier
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9 réponses à André et son Altriman

  1. Delphine dit :

    Jamais deux sans trois, il faut le refaire et le finir l’année prochaine!!!

    La persévérance paie toujours

  2. Luc dit :

    As tu eu le doute ? c’est presque fait ….Jamais 2 sans 3, alors Pascale sera OK pour une troisième édition ?
    Bravo à toi  » DD la force tranquille  » .

  3. Tristan dit :

    Bravo André d’avoir persévéré !

  4. Stéphane dit :

    Un grand Bravo André, une grande générosité et un peu d’inconscience pour affronter ces éléments parfois capricieux. Pour connaître un peu ces pyrénées, j’imagine assez bien l’Effort accompli. Bonnes vacances !!

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