Stéphane à Embrun

Bonjour à tous,

Avant toute chose et pour mettre un peu de sérieux dans cet article, je fais du triathlon depuis 3 ans pour faire Embrun. Cette épreuve représentait beaucoup pour moi, elle garde encore son rang. c’est une belle aventure.

Pour faire le rétroplanning, mon 1er contact a été un peu humide, la veille. Cela ne présageait rien de bon et l’on verra par la suite que les éléments climatiques n’ont pas été cléments avec les triathlètes de l’édition 2015.

Bref, j’attends pour déposer le vélo et mon voisin, un breton, me demande si j’ai déjà pratiqué la Bête (comprendre l’Izoard), je lui réponds non et il me raconte dans la foulée et en détail la reconnaissance faite la veille. Il n’en a pas dormi. « Bienvenue » dans le monde merveilleux des inconscients.

Je ne suis pas naturellement anxieux mais je ne peux m’empêcher de penser à la souffrance qu’il va falloir endurer, je repense aussi au triathlète BLABLACAR avec qui nous avons voyagé et qui m’indiquait tout tranquillement qu’il avait 10 000 kms au compteur.

Mes 1800 kms m’ont paru à ce moment-là bien légers !! Je sais ce qu’il me reste à faire pour la prochaine saison, ça évitera de se faire des noeuds au cerveau.

Jour j, 4h du matin, le réveil sonne et clairement il me faut un bon coup de pied au cul pour sortir de la douce torpeur de mon lit, on ouvre les volets et le temps est bon, chouette il ne pleut pas !!

Arrivée sur l’aire de départ et là ça ne rigole pas beaucoup. la tension est palpable.

Coup de pistolet et c’est parti comme chauqe fois, baston les premières minutes pour se faire une place dans l’eau. L’eau est bonne et la densité des nageurs permet de nager sans trop se monter dessus. 1h07 plus tard, me voilà sorti de l’eau et content d’en avoir fini.

On m’avait prévenu mais la transition avec le vélo est rude, très rude, pas le temps de faire tourner un peu les jambes que la 1ère ascension se présente et le palpitant est déjà mis à rude épreuve comme les jambes qui sont bien dures. « Merde qu’est-ce que je fous là et on n’a pas attaqué le morceau de choix!! »

Le dénivelé s’adoucit enfin et l’on redesend vers le lac avec une belle descente, nous avons même droit à quelques rayons de soleil.

Nous attaquons la vallée du Guil aussi accueillante que les paysages du Hobbit avec ses falaises de roches et puis vient ce fameux virage à gauche qui annonce le début de l’izoard. Je passe sur les différentes difficultés pour arriver au sommet directement avec une température clémente de … 5°, du vent et de la pluie. Bref, un temps à ne pas s’éterniser, je repars après avoir ingurgité quelques douceurs.

Je tremble comme une feuille et mes cuisses sont tétanisées durant de longues minutes, je les frappe pour détendre ces muscles récalcitrants.

Après quelques minutes, la température s’adoucit un peu tout comme la tension musculaire. c’est le retour vers Embrun sous la pluie mais finalement on s’habitue à tout, la rampe de 2 kms passe bien (c’est une plaisanterie bien sur !!), c’est reparti pour la danseuse mais les encouragements prodigués par les spectateurs sont un réel soutien.

Je redescends tranquillement vers Embrun via la route les balcons de la Durance et commence à préparer l’épreuve ultime, un bisou pour ma supportrice préférée qui m’attend dans un petit hameau perdu (je suis content d’avoir mon casque fluo qui se voit à 200m !!).

Damien m’avait bien prévenu de la montée sur Chalet et me voilà légèrement crispé en attendant la fameuse montée.

Mais un « habitué » de l’épreuve me rassure, c’est 2 virages et après c’est bon. Moi qui anticipais une grosse montée, me voilà rassuré, j’aborde l’entrée dans Embrun, la tête haute, le coup de pédale léger (j’exagère un peu mais l’ambiance est celle-là), tiens on tourne à droite, quand est-ce qu’on redescend vers le parc à vélo, et puis je vois une plaque Chalvet.

« On m’aurait menti à l’insu de mon plein gré », je peux vous dire que la désillusion est grande et la rancœur tenace, si je recroise le corniaud qui m’a pipoté dans la montée, je lui fais bouffer son dossard jusqu’à la ceinture 3 points !

Bon, ben faut y aller mon gars et c’est parti pour la der des der, elle me rappelle les routes d’Ardèche avec son bitume granuleux, ses gravillons, ses trous et sa chaussée type « rallye du Monte Carlo ». c’est un peu comme la madeleine de Proust mais sans la douceur !!

J’arrive enfin au bout et voilà la dernière descente, finalement je crois que j’aurai préféré une section de plat tellement cette descente est dégueulasse, j’ai pas d’autres mots pour décrire la succession de virages serrés, les plaques d’égout, les raccords de bitume qui te défoncent les bras.

Je ne vois pas l’intérêt de cette portion qui gâche un peu la qualité du circuit emprunté jusqu’à présent.

8h15 de vélo et me voilà rendu au parc à vélo.

J’enfile mes chaussures et youpi, les jambes répondent normalement aux 1ères sollicitations, je vous rassure, cela ne va pas durer et au bout de 3 kms, les 1ères crampes arrivent (cuisse et mollet pour être complet).

Je sens que le marathon va être long, très long. Je comprends à présent que les efforts déployés à lutter contre la gravitation et le froid ont largement entamé le capital de départ.

Je regrette amèrement de ne pas avoir suivi les conseils de ma douce sur les fameuses pastilles de sel (même pas 1g, c’est quand même très con de ne pas emporter ce petit comprimé).

Ouf, il y a des Tucs aux ravito et me voilà à gober les Tucs déposés sur chaque table durant plusieurs kms.

Miracle, les crampes s’estompent vers le 15ème kilomètre et je peux enfin courir sans entrave (bon je fais du 10,5 kms/h) mais c’est plus rapide que la marche entrecoupé de portions courues comme un canard !!

Le 2ème tour se passe bien et je profite de ces moments pour gorger mon cerveau de ces images, la foule dans la rue principale du village qui crie ton prénom, je peux dire que cela fait des frissons, la descente ensuite avec un triathlète expérimenté qui me raconte ses précédentes éditions.

Et puis vient le lac et les 3 derniers kilomètres.

Je pense alors à toutes ces sorties, aux entraînements, aux choses qu’il faudra améliorer l’année prochaine (éviter les gamelles en vélo, ne pas rater les enchaînements vélo/course, développer sa glisse, développer sa VMA,…).

Le tapis bleu, j’accélère, la foulée est ample et j’ai presque l’impression d’être un champion !!

Voilà c’est déjà fini et pourtant cela a duré plus de 14H.

J’ai pris un grand plaisir teinté de fierté je l’avoue, à porter les couleurs du NST, j’espère les avoir bien défendues (j’ai fait mon max), les encouragements « Allez Nogent » ont émaillé toute la course, finalement, c’est une course d’équipe pratiquée en solitaire.

Un grand merci à Damien pour ces conseils avisés.

Stéphane

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