Natureman by Emmanuel

Arrivée à Aiguines le samedi après-midi, petit village typique de haute-Provence très paisible. Le village nous offre une magnifique vue, il surplombe le Lac Sainte Croix. Aiguines est situé à quelques kilomètres du village accueillant le Natureman. A notre arrivée, le temps est exécrable, il pleut un truc de dingue, le vent est déchainé. Avec Stéphanie, Elitsa, Yannick et Christian nous nous installons dans notre appartement. A peine entré dans nos chambres, notre premier réflexe fut d’allumer les radiateurs, il faisait froid… « Pourvu que ce ne soit pas le même temps demain » je me répétais sans cesse… Les habitants de la région n’ont pas vue la pluie depuis 3 mois dans la région. C’est la loose !!!

Une fois installé, direction le village du Natureman pour récupérer les dossards et prendre la première température de l’évènement. Dans la salle des dossards, il y a beaucoup d’athlètes, ça parle anglais, espagnol, allemand… Je me rends compte de l’importance et de la dimension internationale de l’évènement. Dehors les barnums et les barrières sont couchés par le vent, c’est un véritable déluge… Les bénévoles sont dépités par les conditions climatiques de la journée. « Demain, ils ont annoncé du beau temps » me répétait la dame qui se chargeait des dossards.

Dans la salle, la grande majorité des membres du NST inscrits sont représentés (Antoine, Titi, Elitsa, Stéphanie, Yannick et Christian) Il manquait Julien. C’est le moment pour nous d’échanger sur la course de demain, de repérer les dénivelés du parcours vélos : 3 cols seront au menu demain, avec une vraie difficulté « l’enfer du sud » avec ses pentes à 15%. La partie course à pied se fera au bord du lac sainte croix avec un tracé en 8 de 20 kms. Les chaussures de trail seront indispensables, le terrain sera gras vu les sauts de flottes qui tombent dehors.

Rendez-vous à 20h00 à l’appartement pour le diner. Les filles nous ont préparé du riz noir, des pâtes, une belle salade de crudités, des pois chiches… A table, les discussions tournent autour de la compétition prévue demain… Tout le monde se jaugent, se taquinent, se provoquent gentiment « alors tu vas nous griller demain ? » s’amusait à me répéter Titi à la fin du diner. 22h30 repos des guerriers, le réveil est prévu à 6h30 le lendemain matin.

Je passe une excellente nuit… Ce n’est pas toujours le cas malheureusement ! Pas de pressions particulières pour l’évènement. Les dernières sensations du triathlon de la baule étaient bonnes. Le réveil est très décontracté à l’appart. Chacun préparait son matos, derniers réglages, « tu mets quelque chose au-dessus de ton tri fonction pendant la partie vélo ? Qui met des manchons ? » S’amusait à demander Stéphanie. Le ciel était très dégagé ce matin, mais nous avions été refroidis par les températures hivernales la veille de la course…

8h00 Arrivée dans le parc à vélo. Déjà bon nombre de triathlètes étaient déjà placés dans le parc et préparaient leurs matériels. Le sol et l’air étaient encore très humide, il faisait froid au bord du lac Sainte-Croix. On enfilait tous nos combinaisons en grelotant. Nous étions impatient que le soleil passe la chaine de montagne derrière nous pour réchauffer le sol et l’air encore très humide. Le speaker de la course était déjà très agité et présentait les grosses têtes de la course, les unes après les autres. Avec au passage la participation d’Arnaud Clément (Ancien sélectionneur de l’équipe de France de Tennis sivouplay !) « Arnaud ! C’est donc ta 2nd participation au Natureman, c’est une joie de pouvoir t’accueillir une nouvelle fois sur l’évènement. Arnaud, quel temps tu as réalisé l’an dernier ? » Arnaud se marre et lui répond un truc du genre « ahahah ! Je ne sais plus ! »… Très beau flop Arnaud… Putain Arnaud vends-nous du rêve !! Fais nous voyager bordel de merde ! C’est THE EVENT pour la plupart des athlètes aujourd’hui ! Est-ce que l’on va taper l’ex entraineur de l’équipe de France ? (j’en reparlerai un peu plus loin…)

8h55 le speaker de la course nous laisse reconnaitre le parcours natation dans le lac Sainte-Croix. Les filles sont invitées à rejoindre le départ sur la plage de galets. Les rayons du soleil viennent juste de franchir la chaine de montagne, Bruno Mars à fond pour le show ! Ça devait être updown funk https://www.youtube.com/watch?v=OPf0YbXqDm0 où une merde dans le genre (désolé pour les fans de Bruno). « Les plongeurs et les drones sont prêts ! ? » demande le speaker. « 10, 9, 8…. 3,2,1 » décompte l’homme au micro. Une bonne centaine d’athlètes féminines s’élancèrent dans le lac Sainte-Croix pour un peu moins de 5h de course pour la première féminine. Je suis déjà surpris avec quelle aisance la première féminine prit les commande de la natation avec ses respirations 4 temps et ses mouvements méga décontractes ! Gros « finger in the noze » la gonze ! Toi-même tu sais… tu ne fais pas la même J.

9h15 Départ des athlètes masculins avec le même son (Brunooo !)… J’espère qu’ils n’ont pas que ce son pour couvrir l’évènement, ça va me pourrir ma course J… C’est un peu plus de 800 athlètes aux bonnets verts qui s’élancent pour affronter le Natureman 2015 dans des conditions de ma-la-de (ciel bleu et absence complète de vent) le piiiieeed ! A côté de moi, Arnaud Clément au côté de Titi échauffait son bras droit tel un vrai tennisman « hé Arnaud c’est un triathlon là ! ». Le compte à rebours va sonner… C’est les derniers encouragements avant de s’enfiler les 2kms de natation, les 90 vélos et les 20 courses à pieds. C’est le moment que je surkiffe, celui pour lequel je suis là aujourd’hui, c’est pour ces moment-là que… j’aime le sport, la compet (cher ami lecteur, c’est là que tu verses ta larme)… Celui ou t’as un gros pic d’adrénaline qui te traverse les veines, des frissons dans tout le corps, le moment où tu te dis que t’es un Warrior et que toutes ces heures d’entrainements n’ont pas servie à rien. Elles vont te permettre aujourd’hui d’honorer le maillot du NST et de finir proprement ce Natureman… C’est le moment où tout le monde se check, se souhaite une bonne course, c’est ce moment où tu tapes dans le dos du mec à côté de toi (je ne suis pas macho mais les meufs sont déjà partie pour celles et ceux qui suivent) « allez ! Prends du plaisir mec ! Bon courage». Chacun fait passer son stress à sa manière ! Certains se frappent les cuisses, d’autres applaudissent ou checkent leurs potes, d’autres matent les nanas nager… Titi lui enlace Arnaud Clément langoureusement… il se demande d’ailleurs qui peut bien lui montrer autant d’attentionJ. Moi je pensais à Nolwen et à ses chants bretons 😉

« hé ouais les gars ! On va tous vivre la même journée à sa façon, l’essentiel c’est de kiffer tous ces moments… ». La corne retentit. C’est parti pour un peu plus de 5h de course !! go go gooo NST !

Le départ natation c’est toujours une grosse dinguerie… C’est le moment où tu peux potentiellement mourir d’une noyade suite à un malaise ou te prendre un coup de talon dans la gorge… Bref ! C’est la guerre dans l’eau. Il faut faire sa place !!! C’est la loi du plus fort ! T’es un Warrior ou pas ? Je ne sais pas si vous vous rappelez des premières minutes de « allo maman ici bébé » mais c’est vraiment ces putains d’images qui me reviennent en tête avec ces spermatozoïdes qui se tapent la bourre pour être le premiers sur l’ovaire « hé les gars suivez-moi ! Je connais cet endroit comme ma poche ! » (et je souris toujours aussi bêtement lors de mes premiers 200m avec la musique dans la tête « I get a round » quand j’y pense) https://www.youtube.com/watch?v=TR1uxsJ1Q4Q . Ces 800 pingouins  qui se jettent simultanément dans l’eau… On n’est pas là pour toper un « ovaire » mais pour avoir une médaille… ou la fierté d’accomplir un truc de ouf… ou la reconnaissance de ses proches… Je ne sais pas pourquoi on est tous taré à ce moment-là… Certains ne comprennent pas je sais… Mais c’est la vie, c’est comme ça… il y a des fous partout !

Revenons dans la/ma course… L’eau est bonne ! Elle est à 18,5°C mais elle est bonne !!! Si je vous le dis… T’as toujours eux l’habitude des eaux salées ou des eaux vertes qui ont des gouts pour le coup beaucoup plus exotiques… gout algues, gout vase ou gout m&#de… Beurk ! Je vous épargne la suite. Mais là tu nages dans un lac de cristalline !! L’eau est turquoise, tu vois tous les ptits petons des nageurs qui barbotent devant toi !! C’est trop mignon !! Manque plus que Guy Roux en slip et tu fais une pub cristalline ! Bref… La natation ce n’est pas encore mon point fort, j’ai encore beaucoup à apprendre à ce niveau (je dois avoir une petite flagelle par rapport aux autres J promis c’était la dernière). Je sors… de l’eau dans le tas, dans le ventre mou, dans le gras, comme à mon habitude…

00:36:15.31 297ème

(Le Suisse Mike Aigroz lui clôture la nat en 00:24:50.97)

C’est toujours le même scénario. Je connais la suite, elle s’intitule :

«La remontée fantastique »

Une fois la première transition terminée. J’enjambe mon fidèle destrier LAPIERRE et nous voilà parti pour 3h tous les deux dans cette chevauchée fantastique… Attention le parcours n’est pas facile. Il va falloir gérer sa course et pas pédaler comme un gogol au risque de péter à la course à pied… J’aime la montagne, j’aime la grimpette ! (Coquin !) Je mets tout à gauche et j’attaque la première ascension d’une petite dizaine de kms en « moulinette » avec des mouvements très rapides… Ce n’est pas très esthétique mais ça permet de bien se chauffer les jambes et de se mettre dans les meilleures conditions pour le plat de résistance… « L’enfer du Sud », que je ne connais encore pas à ce moment-là J (bah oui parce que là je connais…) Avant d’attaquer le deuxième col, le fameux… je me lance comme un dingue dans la première descente, assez technique, la route était relativement large, ce qui permettait de ne pas perdre trop de vitesse dans les virages et prendre de très belles trajectoires… Un régal pour un cyclisse ! « L’enfer du sud »… Même tout à gauche tu ne peux pas éviter la danseuse tellement elle est raide cette Sa€#&e. Tijau à côté c’est pour les fiottes !! Elle a forcément laissé des traces… Sur le haut plateau, les couleurs du paysage sont magnifiques… A ce moment-là du parcours c’est un régal, les conditions sont optimales, ça sent la lavande, le lac Sainte Croix est bleu turquoise. Sur le haut plateau, les CLM (les vélos « contre la montre ») font la différence… ça roule dur ! Ils réussissent à garder l’énergie cinétique, ils sont pour la plupart à plus de 5km/h que moi. Je ne tarderai pas à les retrouver dans la dernière ascension que j’ai abordée de la même manière que la première. Les CLM sont beaucoup plus dur à emmener dans ce type d’ascension c’est flagrant ! Le parcours vélo se termine par deux énormes faux plats montants ! C’est assez casse pate entre le 75 et le 90ème kilomètre. Celui qui ne s’est pas très bien alimenter ou à trop allumer en début de parcours ressent forcément la fatigue monter à ce moment-là. Arrivée au parc à Vélo pas trop entamé, il me reste des forces pour la partie course à pied. Je suis assez satisfait et serein pour entamer la dernière partie de la course.

03:00:40.81 240ème

(Le Suisse Mike Aigroz lui clôture le vélo en 02:28:26.75)

Transition très courte, je ne perds pas de temps, je saute dans mes pompes de cap, j’enfile ma casquette (à l’envers wesh !) et je m’enfile mon gel « el spécial », « le fat one » le bon gros coup de fouet ! Le relief du parcours est assez plat avec quelques relances sur les 5 premiers kilomètres, un bon mur au 7ème, un second et un troisième au 16ème et 19ème (il ne va pas falloir être trop déplumé à la fin et en garder sous le pied). Dans le sens inverse, la tête de la course, les gars ne rigolent pas du tout, c’est des fusées… Ils sont faciles et doivent courir à plus de 15 kms/h. le revêtement n’est pas agréable… Tu cours sur des galets, c’est assez gênant et traumatisant pour les chevilles.  J’arrive très vite au premier passage compliqué, le passage ou tu ne te risques pas de le passer en courant en mode bourrin. Hors de question de se mettre dans le rouge au km 7. Tu poses tes mains sur tes genoux et t’attaques « le mur » à grands pas (en mode trail de haute montagne). En haut j’aperçois des gars qui ne se remettent pas de la grimpette, un gars gerbe même tout ce qu’il peut ! Je n’aimerai pas être à sa place… Les sensations sont bonnes, je me calle sur un 12,5 Km/h… La vitesse de croisière, celle à laquelle je ne suis pas censé faire trop de lactique. Je croise Arnaud Clément, il va vite l’enfoiré et dois être dans les 50 premiers ! (il a joué le modeste avec le speaker) Il est sacrément bien entrainé. Au 13ème km je commence à ressentir quelques contractures à l’ischio droit & au quadriceps droit. Là tu pries le bon dieu mon gars… physiquement t’es pas trop mal… ce n’est pas le moment ou tes muscles vont déconner. Je contrôle, je m’hydrate bien aux ravitos, je prends le temps de bien m’alimenter… C’est important ! 16ème kms, le kilomètre tant attendu, celui qui te donne la température de ta fin de course… Soit les derniers kilomètres vont être pénibles car t’es au bout, tu n’as plus rien à donner… Soit il t’en reste sous la godasse et là c’est le kiffe !! Tu te sens pousser des ailes, c’est la fin, les gens sont de plus en plus nombreux au bord de la route « allez c’est la fin », « dernière ligne droite », « c’est bien mon gars ». A ce moment-là, si t’es bien t’as le deuxième effet kisscool… c’est la force venue de nulle part… J’allonge donc ma foulée sur les 3 derniers kilomètres, je me sens comme dans du coton. C’est magique, je suis à la fois ému, satisfait, fier et heureux de pouvoir en terminer mon premier Natureman sur cette belle note (ca ne sera pas le seul c’est garanti !) je cloture les 20 kms de course à pied en :

01:32:30.58 168ème

(Le Suisse Mike Aigroz lui clôture la CAP en 01:11:18.92)

Je clôture donc le Natureman 2015 en

05:09:26.70 179ème

(Le Suisse Mike Aigroz lui clôture la CAP en 04:04:36.64 // Arnaud Clément fini 80ème et termine en 04 :52 :56.30 ce n’est pas un grand nageur !)

Petit à petit je retrouve les copains du NST sur la ligne d’arrivée. C’est une joie de se retrouver de nouveau au bout de la course. Bravo à tous ! Nous y sommes tous arrivé. Mention spéciale à Elitsa qui termine sur la troisième place du podium sivouplay ! Pour la seconde année consécutive !

Mention spéciale également au gars qui à péter sa selle au 15ème kilomètre et qui a terminé les 75 autres en danseuse… C’est surréaliste de casser sa selle mais ce n’est pas humain de terminer le parcours vélo sans !!!

Chapeau bas également à LABYT Patricia qui clôture le Natureman en 8h17m22s. C’est toujours 3 heures de plus d’efforts que la majorité d’entre nous. Ça prouve que tout n’est qu’une histoire de mental !

Profitons de la dernière soirée détente avec Stéphanie, Elitsa, Christian et Yannick, cette soirée que l’on apprécie tous après une bonne grosse journée d’effort ! Celle où chaque verre d’alcool te touche violemment ! J

Je vous donne rendez-vous l’an prochain. A l’année prochaine

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