VentouxMan 2017

Il y avait des représentants du NST sur le VentouxMan 2017, tous finisher!

Les résultats:

Quelques photos:

Cyril Colle nous raconte son VentouxMan:

Un retour un peu tardif mais retour obligé sur cette course (presque club) où nous étions nombreux à porter nos couleurs, prêts à se frotter au mythe !!!
J’ai nommé le superbe Ventoux man, si capricieux et si désiré, hein Will.
Epreuve annulée l’an passé pour cause de conditions météo horribles. Changement brusque de temps 2h avant le start.
Eh oui le grand chauve est capricieux et ne se laisse pas dompter comme ça. Il porte bien son nom de col des tempêtes.
Pour rappel, les distances :
Acte 1
– 2000 m à nager en une boucle dans le plan d’eau clair « Li Piboulo » de Piolenc (interdit d’habitude), départ face au soleil s’il vous plait. Eau à 22°.
Acte 2
– 93 bornes de bike dans le Vaucluse, en, passant par les petits villages locaux, Vaqueyras (bien connu pour son vin), la belle Vaison la Romaine et la petite bosse du Ventoux par Bedoin.
Un Dédé + de 2200 (dont 1900 et 7,5% de moyenne sur 20 kms) pour la partie hard du vélo.
Celle qui nous a tous fait venir, on ne l’oubliera pas…
Acte 3
– En guise de dessert un trail, un vrai !
Parcours de 20 km, en 4 boucles de 5, avec 100 m de D+ par tour soit 400 au total à la station du mont serein.
On avait peur du col mais pas que…On aura compris pourquoi en enfilant les baskettes…

L’histoire débutait pour moi l’été dernier, où après une décision un peu folle, je décidais de partir à l’aventure en contemplant le paysage depuis la pointe du col.
Je me disais que ça aurait de la gueule de s’y coller quand même.
J’aime la difficulté, défier et communier avec la nature, me surpasser.
C’est pour ça que je fais du Tri.
Cette course sera pour moi !
Merci Luc Moriot (ancien du club devenu copain) et finisher 2015 qui m’y a donné goût.
Bon je raconte ma vie 🙂
Nous nous retrouvions donc , en majorité, dans une magnifique hacienda provencale pour préparer et partager de beaux moments tous ensemble.
On est bien là !!!
En résumé au départ de la course 12 fêlés en individuel et 1 relai (composé de Alain à la nage, Del au vélo et Véro à pieds).
Del remplaçant Kamen, le bras en écharpe, la faute à une lourde chute en vélo le we précèdent la course.
Dur dur de le voir sur le bord de route ! Côté positif ça nous fera un supporter précieux en plus.
Les 5 derniers jours je penses ne jamais avoir autant regardé la météo de ma vie.
On redoute tous l’annulation ou le vent, en haut surtout. Le sommet est à découvert total depuis le chalet Reynard.
Pour la petite histoire Elitsa et moi avions fait une ascension 15j avant en stage.
Ca soufflait un peu. Un petit 100 ou 110 km/h sur les 6 derniers kms (limite fermeture).
J’en ai vu s’éffondrer et d’autres le vélo limite décoller.
Du plaisir ? Euh là franchement pas beaucoup.
Une vraie victoire d’être arrivé en haut dans ces conditions par contre. Là oui !
J’arrivais donc avec une petit capital confiance. Je savais être capable de monter dans le pire des conditions (ou presque).
La prépa s’est bien faite. J’ai le volume et la qualité. Et surtout 8 Kg de moins. Premier objectif atteint.
Forza !!!
Nous sommes donc presque 1000 au départ au petit matin. Départ 7h pétante en une vague (sauf élites et femmes partis 5 min avant).
Ca annonce une belle bataille dans l’eau.
On déconne, on s’encourage et surtout, on a la banane !
Grand soleil et un peu de zef en bas mais les conditions sont là.
On va pouvoir s’en mettre plein le buffet et se régaler à coup sûre. Yesssssss !
La tension monte et la corne sonne, c’est la libération.
Première bouée à 400 m face au soleil. Bizarrement ça ne joue pas trop des coudes au départ.
Par contre je me rapelle au pays francilien, là c’est le bouchon parisien.
Je vais chercher la seconde bouée, tellement loin que j’ai du mal à la voir.
Les sensations ne sont pas top top. Je vois que je suis excentré du groupe. Difficile de m’orienter.
Bon, on s’en fou, allez nage et fais toi plaisir.
La nage ça compte pas de toute façon. 🙂
Deuxième partie sans rythme sans sensations de glisse. Normal j’aperçois Juju qui bataille aussi à ma hauteur:-)
J’ai bien écouté le conseil de titi.
Gère, quitte à perdre 5 min en nate.
C’est bien appliqué, je sors de l’eau avec 45 min au compteur, merde alors 🙂
Je suis frais du coup !
Je suis en mode Iron. Je prends le temps sur la transition pour être confort.
Chaussettes en bas, coupe vent dans la poche au cas où pour la descente.
Allez c’est parti pour la grande aventure !
Le vent s’est un peu plus levé, je suis tout content d’avoir remonté mon prolongateur au dernier moment les gars !
Objectif ? Me câler à 28/30. Savourer chaque moment du paysage. Bien gérer la nutrition et surtout arriver frais en bas pour me présenter au ventoux.
C’est la condition incontournable.
Manu revient sur moi, le temps de déconner et de nous raconter nos aventures 5 min.
Et hop, un problème mécanique pour lui. Je ne le reverrai jamais.
Une bosse pour se chauffer se présente au km 45.
Montée sur Crillon-Le-Brave (1,3 km à 12% environ). Mes jambes la remercie.
Je cherche la bête, elle se cache. Hâte de le voir !
Il fallait attendre le km 55 pour qu’elle se montre.
Le voilà, quelques nuages lui frottent le crâne. On va pouvoir discuter.
Ca fait flipper.
Le plein des bidons fait à Bedoin. Banzaï !
On rentre dans la ville et je ne compte plus le nombre de personnes qui nous supporte et nous encourage, ça transporte.
La magie opère. Je revois les images du tour de France.
Je franchit la ligne annonçant le début du long moment de solitude.
On se parle, on se motive. La solidarité triathlète répond présent, I like that !
L’ascension commence. Surtout ne pas partir trop vite, garder un oeil sur le cardio et monter au train.
Objectif ? Ne pas se crâmer pour la cap si possible et surtout passer.
Les choses sérieuses commencent au km 4. La chaleur commence à se faire sentir.
Un mec descend. Je lève le pouce et lui demande si c’est bon en haut.
« Yes it’s good ! ». Pas d’excuse du coup.
Je reviens sur Del. Je montes tranquillement avec le rythme fixé, pulses stables à 160, les jambes sont bonnes.
Les voyants sont au vert, les sensations sont bonnes.
Ca répond pour doubler les petits groupes qui empêchent d’avancer.
Je remonte du monde et dépasse sans me mettre en difficulté. 36×32 est le bon développement.
Ne pas se louper sur l’alimentation et boire régulièrement.
J’ai mon p’tit pense bête sous la main.
Un mec qui monte avec un vélo éléctrique. « C’est un scandal madame l’arbitre, ça triche ».
Je déconne, je prends du plaisir mais j’ai peur du haut.
Ces 6 derniers kms si atypiques, si magiques et si difficiles aussi.
Arrivée sans encombre au chalet Reynard, serein, les conditions sont bonnes.
Re-plein de bidon et c’est parti direction la pointe. C’est là que ça se joue.
La pointe tu la vois mais ça parait une étérnité avant d’y être.
Rien à faire ce paysage désertique et cette montagne, cette vue, p’tain tu vises le décore et tu oublies tout !
T’as la banane, t’appuie et tu souries. Ces moments faut pas les laisser filer.
Voilà. Le sommet se profile, il en reste sous la semelle, j’accélère.
Dernier virage, les gens te poussent. Dernière relance et « YES » !
Je lève le point de rage, de satisfaction et de bonheur !
Le compteur ? 2h11 d’ascencion et de bonnes sensations tout le long.
Allez enfilage de coupe vent et direction la descente par Malaucène.
Si possible envoyer en restant prudent, toujours faire gaffe à celui qui est crâmé et qui veut gratter 10s.
Les voitures gênent vraiment, obligé de taper dans le frein, grrr ! Peu de plaisir du coup.
Une belle dernière ligne droite avant le parc en faux plat, surprise, il fait mal celui-là.
Obligé de repasser le p’tit plateau, pas prévu. Pas besoin de ça non plus, bref. Le plus dur est derrière.
4h44 de bike.
Seconde transition interminable, je prends mon temps pour être confort et ne rien oulbier.
C’est parti pour la grande incertitude. Qu’est ce qu’il va rester sous la basket.
Objectif ? Tenir et ne pas câler. Faire une cap régulière et ne pas souffrir le marthyr.
4 tours de 5 bornes de trail à 100 m de dénivelé par tour.
Ca va piquer c’est sûre.
Je démarre prudent et surveille le cardio comme un dingue. Faire un premier tour de reconnaissance, voir où j’en suis, ensuite j’aviserai.
Je pars à l’aventure. Il parait que le parcours est costaud.
Je confirme, au bout de 1km ça descend sec.
Les cuisses dérouillent mais le terrain est praticable.
Par contre Km 2 pas pareil, les cailloux arrivent sur la descente, c’est clairement casse gueule.
La difficulé la voili la voilou, ça grimpe et t’en vois pas le bout.
Tu fais comme tout le monde, tu marches et tu souffles, ça peut être utile :-).
T’as mal et t’avance même si t’as pas l’impression.
Un faux plat, tu repars et pis voilà ça re-grimpe. Ca rigole pas. On va prendre cher.
Le passage en sous bois nous protège quand même du soleil, cool !
Il fait chaud, je suis content d’avoir mon bidon.
Un ravito, chouette y a des tuc et du sauciflard.
Ne pas oublier son tuc en partant surtout…
KM 3 une vue splendide sur le massif qui donne de l’air.
On sort du bois, portion un peu plus roulante et moins cassante surplombant le parc à vélo.
La pointe du ventoux en visu, tout un symbole.
J’entends du « allez Nogent ».
Y a du supporter, c’est bon ça. Tiens des escaliers à descendre, aïe aïe aïe.
5 ou 6 marches à descendre, violentes pour être honnête. (hein Elitsa)
Longue ligne droite de faux plat sur bitume dur dans la tête.
Le parcours est sympa, costaud et très technique. On ne s’ennuie jamais non plus.
Là encore du supporter, Virgine (photographe attitrée fidèle au poste) et Kamen.
Ca boost, faut le dire.
A part ça pas pressé de voir ma tronche dans la pente là 🙂
Premier tour bouclé régulièrement et l’allure voulue en 31 min. Cardio stable et pas trop haut, je suis confiant.
Par contre musculairement c’est l’incertitude. Tiendra ou tiendra pas ?
J’ai l’impression de ne pas avoir avancé et pourtant le chrono est correct compte tenu du parcours.
Deuxième tour au même rythme, tout va bien. Je sent que j’ai repris du monde. Il parait même que Damien n’est pas loin.
Je le rejoint au 3 ème tour. Ca fait du bien à la tête.
Un copain pour aller au bout c’est bonheur ça ! On se parle, on se motive, on gère.
Chaque ravito et c’est fiesta à l’eau coca. Je rêves d’une bonne bière aussi tient. Je l’ai ma carotte pour avancer 🙂
Un trou quand même, je pioche et perd 7 min, le mur approche.
Un gel et c’est reparti. Bien ces gels Gu aux acides aminés.
Aller force et honneur pour le dernier tour.
On ne se lâche pas avec Damien. Je le décroche et il revient à chaque fois, pas là que je le décrocherai 🙂
je le coyais en difficulté mais rien du tout. Solide la bête, on va finir ensemble !
On trouve moyen de relancer même.
On va le faire bordel.
Franchir la ligne au forceps, au soutien, bras dessus bras dessous, dans la douleur et avec le sourire et avec tellement de plaisir.
Le sport comme je l’aimes !
Dernier tour bouclé en 34′ et avec un compteur final de 7h52.
Heureux d’avoir vu le bout de cette course incomparable.
De longs mois de préparation et d’efforts récompensés par le plaisir indecsriptible d’arriver au bout.
Une fierté et un plaisir immense de valider le travail accompli.
Jamais je n’aurais osé imaginer d’en tre capable, voilà ma plus grande satisfaction.
A noter les très belles performances des filles Géraldine et Elitsa (5 et 7° de leur catégorie) en 7h13 dans un mouchoir avec Julien et Will s’il vous plait !
Bravo aux leaders, Christophe qui rentre dans les 240 en 6h49 et Mika avec un très beau 7h06.
Et à relever surtout que tout le monde est allé au bout, à la bataille, au mental et au courage sans jamais baisser les bras.
Nous sommes tous fiers d’être des ventouxman !
Prochaine étape le L de l’alpe d’huez pour Christophe et moi notamment, une sacrée marche à franchir…

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