Xterra France 2018

Après l’AlpsMan, Eric s’est attaqué à l’Xterra France, il nous raconte:

Par où commencer pour vous faire partager une immersion dans le monde du Xterra de niveau Gold Race !!!! et de surcroît dans les profondeurs de la forêt vosgienne !!!!

Le départ est donné à 13h30 pour les pros et 13h33 pour les amateurs, nous sommes plus de 850 sur les rives caillouteuses du lac longiligne de Xonrupt-Longemer, à quelques kilomètres à vol d’oiseau de la vallée de Gérardmer, au fin fond du massif des Vosges, par une chaleur étouffante de 30-35 degrés. En proximité de la Vologne et dégoulinant dans nos combinaisons en néoprène refendu, les pieds dans une eau à 19°C, nous avons pris place au point de départ de notre nouvelle aire de jeu.

Dans cette phase d’attente, nous sommes bercés par les effluves des sapins vosgiens, dont la résine se liquéfie, exceptionnellement, par la température ambiante et donne un goût acidulé à ce moment de béatitude. D’aucuns ne se laisseront surprendre, c’est avec le feu que nous avons rendez-vous. Le drone de l’organisation partage timidement l’espace aérien avec les rapaces de la vallée, sûrs de leur bons droits et calés dans les ascendances thermiques en position d’observation . . .

La reconnaissance :

Mais avant de vous faire part de cette course endiablée où les qualités essentielles requises étaient : rusticité du sanglier surmené, agilité du lynx affamé, furtivité du grand-duc impatient, combativité du brochet énervé. . . je souhaiterais vous faire part de mes premières sensations lors de mon repérage 48 heures auparavant sous une chaleur écrasante digne des plateaux continentaux. En quelques mots : Cela fout la trouille !!!!

Sur mon VTT de 10 ans d’âge, avec ses superbes roues en 26’ pouces et sa mono-fourche au look vintage, j’arrive, au bout de la boucle 20kms, blême et atteint de la maladie de la tremblote aigue comme si l’on me sortait de la machine à laver le linge, après avoir subi, un programme d’essorage intensif à 1200 tours. Je vous laisse imaginer. . . Juste après ces premières sensations, je fonce dans le lac pour faire un « reset » biologique de mon organisme éprouvé. Mon ami, Christophe Caste, m’avait prêté sa trifonction pour terrains difficiles, en taille L. Mais ironie du sort, dès les premières longueurs de natation, sous l’effet de l’imprégnation de l’eau fortement chargée en fer, les élastiques du cuissard m’arrivaient sous les genoux, me donnant une allure proche des comédiens de la pub 118-218, le ridicule ne tue pas mais tout de même. . . Fort de ce constat, je me déleste de quelques euros au stand Sailfish (die deutsche Qualität) et je me rentre à un train de sénateur, chez moi, afin de faire un point de situation et d’établir une stratégie pour parvenir au bout de cette épreuve qui se présente comme . . .

La natation :

Le premier coup de canon vient de retentir et la vague des pros (bonnets verts) est lancée dans un bouillon d’éclaboussures, telle une horde de bonites prises au piège des filets des pêcheurs portugais dans les eaux du golfe de Gascogne. Ils s’éloignent, déjà à la hauteur de la première bouée rouge. La pression montante, le décompte des trois minutes est enclenché pour nous autres les bonnets oranges. Trois triathlètes, à ma droite, aux épaules tatouées, me dépassant d’une bonne tête et avec un accent flamant, m’indiquent : « il va falloir envoyer du lourd, cela va cogner !!!! le niveau est super haut . . . ». Nous sommes à moins de 20 secondes du départ, et là je comprends que ma place n’est pas la bonne sur la ligne de départ . . . « Deuxième rideau – milieu de ligne » est effectivement une erreur tactique. Au deuxième coup de canon, du haut de mes 1 mètre 68, j’ai la confirmation que je me retrouve enfermée au milieu de gabarits imposants, de type nordique, développant une force musculaire dix fois supérieure à la mienne. Chaque coup de bras de ces furies, sont comme des coups de battoirs de la mère Denis faisant son linge au lavoir du village. Entre natation et saute moutons, après avoir bu 2 tasses . . . je donne tout ce que j’ai pour m’extraire du bouillon sur la droite, et pour retrouver une accalmie, souffle régulé et dans la queue de peloton, je mets en œuvre tous les conseils techniques de Clément et d’Olivier (et réciproquement). Sortie de l’eau complètement déboussolé, par cette expérience nouvelle de catch aquatique, je remonte, en petite foulée rasante, le tapis rouge en direction du parc à vélo, dans une ambiance digne des tribunes surchauffées du stade de France, je découvre que les ¾ des vélos sont encore là. . . je n’y comprends plus rien. Moralité faire des éclaboussures n’est pas nager et la poussée d’Archimède n’est pas la même pour tous 😉. Alignement, respiration, précision du coup de bras ont été la solution gagnante.

Le VTT :

Transition faite, sautant sur mon vélo d’un autre temps et dans la roue de VTT géants (29’ pouces en taille L ou XL, on ressent un léger sentiment d’infériorité), je parviens à tenir ma place durant les 3 Kms de montée, que l’on pourrait qualifier de brutale (+ de 500m de D+) au milieu de racines et pierres imposantes. A ce stade, malgré un engagement physique de fou, mon apparence est plutôt liquide.

Arriva ce qui devait arriver ! Mes supers lunettes Oakley acquises chez LGO sous les conseils avisés de Charline au Val d’Ajol (88), sous le choc thermique se sont soudainement couvertes d’une intense buée, mélangée à la poussière épaisse soulevée par le train roulant de nos machines malmenées, ont rendu quelque peu opaque ma lecture du terrain dans la première descente . . . Engagé dans une cadence infernale, à la vision incertaine, je compris tardivement ma deuxième erreur tactique : « rouler dans la roue du vélo me précédant ». Face à une souche, le concurrent fit un écart à gauche pour éviter l’obstacle, ne pouvant freiner, j’ai donné un coup de guidon, transformant mon vélo en catapulte . . . Pour infos mes pédales automatiques étaient réglées en tension maximale ; donc, dans ce vol plané, ma monture m’a accompagné durant une dizaine de mètres . . .

Résultat : je me retrouve étalé sur le sol, tel le moustique moyen, prônant fièrement sur le pare-brise de nos berlines lors des migrations estivales, sonné par le choc, le genou gauche comme une pastèque, des thermo-abrasions sur toute la partie gauche de mon anatomie. Deux gendarmes, assurant les secours à mes côtés (super organisation !), je réalise que la poursuite des événements est compromise jusqu’au moment . . . où l’un d’entre-eux dit : « C’est dingue !!! Le vélo n’a rien, il fonctionne parfaitement !!! ». Ces propos ont eu l’effet étonnant de me booster, (relativisons à vitesse modérée voir lente), j’ai terminé les 27 kms de VTT qui me restaient. Moralité, la loi de la gravité est la même pour tous, qui fait le malin tombe dans le ravin! 😉 Atlas, dieu de la Sagesse : « pourquoi m’avoir abandonné face aux événements et aux colosses nordiques??? ».

Le Trail

Suite à ma délicate deuxième transition, je découvre que les 11 Kms de trail vont être longs avec une seule jambe vaillante et les appuis incertains, mais le slogan de la course est « #DNFisnooption ».

Je n’avais pas d’autre choix que de terminer, et puis mon fils avait été royal la veille sur le Xterra Kids.

Passant l’arche d’arrivée de cette course que je qualifierai de sensationnelle, je me suis promis de revenir l’an prochain. Après le triathlon, le virus sournois et imprévisible du Xterra venait de me contaminer 😵🤕😬.

Après l’Infernal des Vosges, le triathlon de Gérardmer, je peux affirmer que « Je vois la vie en Vosges »

Amis du NST, il nous faut constituer une équipe pour l’an prochain </°_°/>

 

J’en profite pour dire deux mots de la course de mon fils Aymeric, âgé de 14 ans, pratiquant l’escalade et ayant fait le pari fou au  jour l’an de faire le Xterra kids pour fêter son anniversaire. Sans préparation particulière, il sort de l’eau dans les derniers participants (au nombre de 120), et durant les 2.5 kms de VTT et les 1.5 Kms de trail, il parvint à remonter la soixantième place. Il courait sous les couleurs du NST.

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